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BP stoppe pour la première fois la fuite de pétrole

Par Ana Lutzky - Publié le
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  Les ingénieurs de BP ont fermé toutes les valves du nouvel entonnoir placé sur le puits endommagé. Le nouveau dispositif doit permettre de récupérer entre 60.000 et 80.000 barils par jour. Les parlementaires américains accroissent leur pression sur les industriels.

BP est parvenu hier soir à arrêter pour la première fois l'écoulement de pétrole qui souille le golfe du Mexique. Après quelque retard, le pétrolier britannique a commencé hier des tests destinés à évaluer la résistance du puits au nouvel entonnoir, baptisé « Top Hat 10 ».

Le nouveau dôme de confinement de 73 tonnes doit permettre à BP de limiter le flux. Contrairement au précédent dôme, BP et les gardes-côtes américains espèrent cette fois que le nouveau système sera étanche et capable de contenir davantage de pétrole, voire même la totalité du volume qui s'échappe du puits. La capacité de récupération est estimée à 60.000 voire 80.000 barils de pétrole par jour, tandis que la totalité du volume de la fuite est évaluée à 35.000 voire  60.000 barils par jour.

Prédateurs aux aguets

Des négociations ont été entamées entre la compagnie pétrolière et le groupe énergétique Apache qui pourrait acquérir jusqu'à 10 milliards de dollars d'actifs de BP. Soit un neuvième de la capitalisation boursière du groupe au 30 juin.
BP va procéder à une série de tests de pression censés déterminer si le puits Macondo est assez solide pour supporter la pression créée par la fermeture des valves. Une forte pression serait synonyme de succès, car elle signifierait que le puits est suffisamment robuste et que les rouages internes du puits n'ont pas été endommagés. Si le puits résiste à la pression pendant 48 heures, il pourra être fermé indéfiniment, a expliqué l'amiral en retraite Thad Allen, qui supervise les opérations de nettoyage.

BP joue la montre

Si le puits Macondo ne supporte pas la pression requise pour une fermeture, ce sera un retour à la case départ pour BP. Le groupe devra à nouveau pomper la fuite grâce à une armada de bateaux chargés de récupérer le pétrole en surface.

Reste que le nouveau dispositif ne constitue aucunement une solution de long terme à la marée noire. Que l’opération Top Hat 10 soit un succès ou un échec, elle ne serait qu’une solution d’attente avant l'arrivée des deux puits de secours, qui interviendra dans un bon mois. « Tout ceci n'est qu'un pas provisoire du confinement, en attendant l'achèvement des puits de secours et le bouchage du puits avec de la boue et du ciment », a ainsi réaffirmé Thad Allen. Aujourd'hui, le premier puits de secours ne se trouve plus qu'à 1,5 mètre du conduit d'où s'échappe le pétrole.

Pression parlementaire


En dépit de ces progrès, les parlementaires américains accroissent leur pression. Mercredi, une proposition de loi a été envoyée au Congrès afin d'interdire le forage offshore aux sociétés déplorant plus de dix décès d'employés et plus de 10 millions de dollars d'amende au cours des sept dernières années. Si ces mesures étaient adoptées, elles empêcheraient BP d'exploiter de nouveaux puits dans les eaux américaines.

Le texte a été adopté par 27 voix contre 21 par la commission des Ressources naturelles de la Chambre des représentants américaine. Ce dernier codifie une série de modifications déjà engagées par l'administration Obama. Il s'adresse aussi bien au forage pétrolier et gazier en mer qu'à l'exploitation minière, dont la sécurité aux Etats-Unis a été mise en cause après l'accident qui a fait 29 morts en avril dans une mine de Virginie occidentale.

Le texte dissout le service de gestion des ressources minières (MMS) et le divise en trois entités. Ce service avait été accusé de s'être montré trop laxiste sur la sécurité sur les plateformes et trop proche des sociétés qu'il est censé surveiller. Désormais, la supervision des droits d'exploration, la collecte des recettes de l'exploitation pétrolière et les inspections et enquêtes sur les questions de santé et de sécurité, seront des compétences séparées.

« Que ce soit un mineur en Virgine occidentale ou un ouvrier sur une plateforme dans le Golfe du Mexique, personne ne devrait avoir à risquer sa vie pour gagner son pain », a estimé jeudi Nick Rahall, le président de la commission. Le texte comprend aussi des mesures pour renforcer l'éthique chez les inspecteurs chargés de la sécurité des plateformes pétrolières.

Au Sénat américain, une commission a déjà adopté un texte similaire. Parallèlement, un projet de loi visant à renforcer la sécurité des plateformes pétrolières grâce à l'utilisation de nouvelles techniques a été approuvé jeudi par la commission de l'Energie et du commerce de la Chambre des représentants.

 

 

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