Bouygues et Alstom toujours en attente sur Areva
Le 03 mars 2010 par Pierre-Olivier RouaudRien de changé ! Telle est la position du groupe Bouygues et de sa filiale à 30% Alstom au sujet de leur participation à la recomposition éventuelle du nucléaire français et de l’évolution du tour de table du groupe Areva. Interrogé à l’occasion de la présentation de ses résultats ce matin à Paris, Martin Bouygues a indiqué qu’il n’avait pas été entendu dans le cadre du rapport préparé par François Roussely au sujet de l’avenir du nucléaire.
« Si la situation change nous aviserons » a déclaré Martin Bouygues qui ces dernières années s’était déclaré intéressé par les métiers du nucléaire
Pour Patrick Kron, « une présence d’Alstom dans les réacteurs nucléaires reste une possibilité qui a du sens, tout comme c’est le cas il y a un an ou deux, mais à ma connaissance l’Etat n’a pris aucun décision conduisant à un changement de la situation actuelle d’Areva ». Il a déclaré qu’il n’avait pas de contact avec l’Elysée à ce sujet même si hier il y était invité à diner dans la cadre de la visite du Président russe Medvedev (Alstom vient de prendre 20% de TMH une société ferroviaire russe).
Dans le cadre notamment du rapport Roussely attendu ces prochaines semaines, l’industrie nucléaire française fait donc l’objet d’une réflexion au plus haut niveau de l’Etat à la fois sur le rôle respectif d’Edf (exploitation et gestion de projet) et d’Areva (fourniture des réacteurs, combustibles et services de retraitement), mais aussi sur l’avenir même d’Areva, détenu à plus de 90% par l’Etat.
Compte tenu de son fort développement attendu, le groupe dirigé par Anne Lauvergeon va avoir besoin de financements lourds ces prochaines années. Le groupe Siemens jusque là associé à Areva dans leur filiale commune NP (qui conçoit notamment les réacteurs EPR) va notamment revendre sa participation de 34% ce qui devrait couter au moins 2 milliards d’euros à Areva.
Si la vente prochaine de Areva T&D à Alstom et Schneider va apporter de l’argent frais à Areva, les schémas possibles pour le groupe nucléaire sont une dotation en capital par l’Etat, une introduction en bourse (deux solutions peu probables) ou l’arrivée de nouveaux actionnaires. Des capitaux arabes ou japonais sont évoqué tout comme donc un ou plusieurs partenaires français comme Bouygues ou Alstom. Une dernière solution rejetée par Anne Lauvergeon.
Lors de la même réunion Martin Bouygues qui a indiqué que son groupe avait plus de 9 milliards d’euros de trésorerie et ligne de crédit disponibles a décidé ne pas vouloir monter dans Alstom au-delà des 30% déjà acquis ces dernières années pour un total de 4 milliards d'euros.
En 2009, Bouygues a réalise un chiffre d’affaires de 31.5 milliards d’euros (-3%) avec un résultat net part du groupe de 1,319 milliard d’euros (-12%).
Martin Bouygues prévoit une stabilité de son activivité en 2010. Et reste très prudent sur l’évolution de la conjoncture qui ne semble guère s’améliorer selon lui.

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