Bourgogne : Se diversifier pour durer

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3294

  Métallurgie, mécanique et agroalimentaire restent les secteurs en tête des investissements. Suivis par la logistique et le biomédical.

Si la crise n'épargne pas la Bourgogne, qui a perdu selon l'Insee 3 300 emplois industriels entre fin 2009 et fin 2011, ses secteurs traditionnels lui permettent de garder la tête hors de l'eau. Le métallurgiste Creusot Forge (Areva), spécialiste des pièces forgées et moulées pour l'énergie, injecte plus de 40 millions d'euros au Creusot (Saône-et-Loire) dans une presse de 9 000 tonnes. Fin 2013, l'équipement lui ouvrira d'autres marchés (chimie, pétrole offshore...) et préservera son effectif (plus de 300 personnes). Autre poids lourd, SEB renforce l'outil de production de ses deux sites côte-d'oriens de Selongey et d'Is-sur-Tille par un programme global de 9,5 millions d'euros. Le leader mondial du petit électroménager consolide parallèlement ses effectifs locaux (610 salariés) d'une quarantaine de personnes.

Dans la Nièvre, motoristes et constructeurs de véhicules de course du pôle de la performance de Nevers-Magny-Cours accumulent les développements. L'ingénieriste Danielson, qui se diversifie dans les drones, se dote d'une fonderie et d'un calculateur à très haute performance pour près de 5 millions d'euros, et la création d'une quinzaine d'emplois. La société Exagon bouclera dans les prochains mois un programme de 27 millions, R et D comprise, pour produire en petite série la Furtive-eGT, première berline sportive de luxe 100% électrique. Avec en prime l'embauche de 60 personnes.

Le secteur agroalimentaire, autre valeur sûre de l'économie bourguignonne, ne manque pas de projets. Le groupe polono-norvégien Morpol, numéro un européen des produits saumonés, disposera cet été à Cuisery (Saône-et-Loire) d'une unité de transformation. D'une capacité de 12 000 tonnes, moyennant 5 millions d'euros d'investissement, elle générera une centaine de recrutements. À Dijon (Côte-d'Or), Patiprestige, fabricant de pâtisseries fraîches, s'appuiera l'an prochain sur un centre de recherche et un site de production largement rééquipé pour près de 3 millions d'euros. Le liquoriste dijonnais Lejay Lagoute s'offre, pour sa part, une unité de 8 millions d'euros.

Le biomédical, pôle d'avenir

Toujours porteuse d'espoir, la logistique retrouve le chemin des nombreux noeuds autoroutiers régionaux. La preuve, en Côte-d'Or, avec le réseau coopératif d'opticiens Atol, à Beaune, ou le Stef qui vient d'inaugurer une plate-forme extensible de 5 500 mètres carrés à Fauverney, en bordure de l'A31, pour 10 millions d'euros. Parmi les secteurs émergents, si les énergies renouvelables, comme l'éolien, peinent à trouver leur voie, le biomédical pourrait devenir un pôle fort sur Dijon. L'américain Bioscan s'installe pour mettre au point un appareil innovant d'imagerie préclinique dans le cadre d'un programme de 15 millions d'euros et le français Crossject, la première seringue sans aiguille.

Mégabase logistique pour Amazon

L'américain Amazon, le site de vente en ligne le plus important au monde, notamment pour les produits culturels, prévoit d'implanter une troisième base logistique en France, après celles de Montélimar (Drôme) et Saran (Loiret). Elle se situera à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Un entrepôt de 50 000 m2 est déjà loué à cet effet avant que ne démarre, d'ici deux à trois ans, la construction d'une plate-forme logistique de 100 000 m2. L'investissement et l'équipement d'une telle unité devraient représenter 40 millions d'euros. Le nombre d'emplois prévus serait de 250 CDI dans un premier temps, et jusqu'à 1 000 en période de pointe.

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