Bouillonnement
Le 17 mars 2010 | L'Usine Nouvelle n° 3184
Quand les entreprises mécaniciennes ont froid, c'est toute l'industrie qui éternue. Quand elles se redressent, c'est le PIB qui reprend son souffle.
Jusqu’à nouvel ordre, cela n’a pas changé : un produit manufacturé résulte toujours d’opérations qui déforment un matériau, impriment un mouvement. Alors il faut surveiller la santé des entreprises mécaniciennes comme le lait sur le feu. Quand elles ont froid, c’est toute l’industrie qui éternue. Quand elles se redressent, c’est le PIB qui reprend son souffle. Comment vont-elles aujourd’hui, à quelques jours de l’ouverture, lundi à Paris, du salon Industrie 2010 ? Pas bien fort, pour être honnête, si l’on se contente de tâter leur pouls : - 15% de chiffre d’affaires en 2009, et sans doute encore- 5% cette année, à en croire la Fédération des industries mécaniques (FIM). Pourtant, malgré ces résultats terribles, elles ont en ce début d’année d’incroyables réserves d’énergie et d’invention.
Nos reporters sont allés à la rencontre d’entrepreneurs et de dirigeants qu’ils ont découverts bouillonnants d’idées. De l’innovation, bien sûr, au sens technologique. Ici, des entreprises s’allient à des universités afin de mettre au point des solutions mécatroniques – l’alliance porteuse de la mécanique et du numérique - pour le contrôle des machines. Là, des industriels se donnent la main pour robotiser le soudage par friction.
Ailleurs, des têtes chercheuses imaginent la machine-outil du futur : des capteurs qui surveilleront l’usinage ; des robots précis et ultraflexibles qui éviteront la casse ; des instruments embarqués qui permettront à la machine de s’adapter, en fonction des événements. Comme l’industrie elle-même, finalement ! Mais le bouillonnement ne se limite pas aux brevets qui améliorent les performances des outils. Les mécaniciens de 2010, loin d’être assommés par la récession de l’an dernier, cherchent des idées pour s’en sortir. Et ils en trouvent.
Hélas, le punch et la créativité ne suffisent pas. Pour « passer », s’imposer face à leurs concurrents internationaux, les professionnels de la mécanique ont besoin de retrouver un peu de marge de manoeuvre. Des états généraux de l’industrie, auxquels ils ont participé activement, ils attendaient beaucoup. Ils continuent d’y croire. En particulier, ils caressent l’espoir d’une remise à plat des charges sociales qui pèsent sur leurs entreprises. Financer autrement la protection sociale, sans faire peser tout sur l’emploi salarié, ce serait révolutionnaire. Mais comment faire ? « L’expression TVA sociale est incompréhensible et inadaptée, a déclaré Nicolas Sarkozy au "Figaro Magazine". Le sujet est pourtant bien à l’ordre du jour. Il faut continuer à réfléchir au moyen de financer notre protection sociale autrement qu’en taxant le travail. » Une hausse de la TVA en échange d’une baisse de charges ? L’idée, très polémique, mérite à nouveau débat.
Entre les deux tours d’un scrutin régional, ce n’est sans doute pas le moment de le lancer. Mais juste après, si le Président a de la suite dans les idées, il devra le faire. Et, le cas échéant, aller très vite. Nous arrivons – déjà – à la dernière ligne droite avant une nouvelle campagne présidentielle.
Laurent Guez
Directeur de la rédaction

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