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Bordeaux : Alain Juppé mise sur le tertiaire

21/01/2008
Alain Juppé a présenté en fin de matinée, à Bordeaux (Gironde), ses colistiers pour les prochaines municipales. Une annonce faite assez tôt si l'on regarde le calendrier de la campagne. Une rapidité qui s'explique par le fait que le candidat entend couper court à l'éventuelle amertume sur la place publique des élus qui ne sont pas repris. Les colistiers qu'il présente aujourd'hui constituent une liste « bien équilibrée » qui accueille « beaucoup de nouveaux » : deux tiers d'hommes et de femmes qui ne sont pas des sortants. Ainsi Anne Brézillon, présidente d'associations, numéro deux sur la liste, une proche d'Isabelle Juppé, Sarah Bromberg, auteur-compositeur, interprète, comédienne, en quatrième position, qui représente la communauté juive, Jean-François Berthou, un ex-Vert, à la cinquième place, ou encore Nicole Saint-Orice, représentante du CRAN, le Conseil Représentatif des Associations Noires de France, à la 26ème place.

Une liste « ouverte « et sans attache partisane », qui n'est pas « la liste de deux ou trois partis » a déclaré Alain Juppé. Combatif, le maire de Bordeaux, n'hésite pas à lancer des banderilles sur son adversaire, le socialiste Alain Rousset, président de la Région, qui fait de l'économie le fer de lance de sa campagne municipale, l'attaquant sur son terrain de prédilection, le développement économique : « Qu'a fait Alain Rousset pour attirer des grandes entreprises. Y en a t-il eu une seule ? Aucune « affirme le maire de Bordeaux, ne se privant au passage de rappeler que « l'on peut inviter les patrons d'entreprises à déjeuner, mais qu'il n'y a pas que les effets d'annonce ». Allusions aux récents dîners lancés par le candidat Alain Rousset. Le dernier en date réunissait sous la houlette de Jean-Pierre Renaudin, patron de la fabrique girondine de chaussures Mod'8, Alain Ricros, président d'I2S, Dominique Brousteau, à la tête de TeamResa, une dizaine de chefs d'entreprises. Pas forcément estampillés à gauche, mais les invités étaient là pour donner leurs ressentis et rappeler que la renommée économique de Bordeaux à l'extérieur était bien faible.

Pour Alain Juppé, le développement économique passe par le tertiaire. « L'avenir, c'est le service aux entreprises, à la personne. Je ne crois pas qu'il y ait la place pour des implantations de grands groupes industriels » martèle t-il. Et d'ajouter : « C'est raconter des salades que de penser que l'on peut attirer des industries lourdes ». Emporté dans l'élan, le candidat dévoile quelques pistes de son programme économique. Attirer des entreprises suppose de régler le problème d‘accessibilité de la métropole. « J'entends faire respecter les calendriers » annonce t-il. Celui des TGV, de la mise à deux fois trois voies de la rocade, des équipements autoroutiers. Deuxième piste : doter Bordeaux de sites d'accueils permettant de faire venir des entreprises innovantes. Ainsi, dans le quartier des Chartrons, 8 000 m² vont être dédiés à une pépinière d'entreprise tournée vers les TIC et vers le développement durable.

Dans le quartier de la gare, ce sont 250 000 m² qui pourraient être dévolus à un grand centre tertiaire supérieur. Demain, le président de la république, Nicolas Sarkozy, devrait venir à Bordeaux, pour rencontrer les forces de polices et dresser le bilan de la délinquance en Gironde. Et pas pour soutenir le candidat Juppé. Ce dernier s'empresse d'indiquer que les municipales « ce n'est pas le troisième tour de l'élection présidentielle. C'est le choix d'un maire qui impulse. J'ai montré que je savais faire ».  Alain Juppé se montre en forme. Le combat démarre.

De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère



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