Bolivie: un plan quinquennal pour tonifier le secteur gazier et minier
Par Yann Le Houelleur - Publié le
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Le gouvernement d’Evo Morales prévoit d’investir 23,6 milliards d’euros dans l’industrialisation des gigantesques ressources que recèle le sous-sol bolivien, une somme incluant la modernisation des infrastructures.
Comptant parmi les Etats les plus humbles de la planète (60 % de ses dix millions d’habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté), la Bolivie est en réalité immensément riche. Elle possède de très importantes réserves de gaz et de lithium, entre autres ressources minières.
Parvenir à développer ce petit pays par une exploitation plus rationnelle et mieux planifiée d’un sous-sol aussi prodigue : tel est le dessein du gouvernement du président Evo Morales, qui veut élever le niveau de vie de la population grâce aux revenus provenant de l’exploitation de ces gisements et réserves. Le lundi 22 mars, par la voie du ministre des Finances Luis Arce, le gouvernement bolivien a fait savoir qu’il allait déployer un plan quinquennal portant sur 23,6 milliards d’euros, pour la période 2010-2015. Conseiller pour les affaires politiques et économiques auprès de l’ambassade de Bolivie à Paris, Alfonso M. Dorado confirme : «Ces 32 milliards de dollars d'investissement font référence à l'industrialisation de nos ressources naturelles, à la production, à l'infrastructure routière et ferroviaire et à la diversification de l'économie.»
PartenariatS entre secteur public et initIative privée
En réalité, les deux-tiers de ces investissements, soit 17 milliards d’euros, sont destinés à l’énergie, l’extraction et l’industrialisation des matières premières dont le sous-sol bolivien regorge. Alfonso M. Dorado précise que le secteur privé sera associé à ces financements, l’Etat se proposant d’encourager les partenariats entre les entreprises dans son giron et l’initiative privée, offrant même l’accès à des emprunts. La situation macroéconomique est propice à un tel programme: les réserves internationales nettes de laBanque centrale de Bolivie ont été multipliées par 400 % au cours des quatre années écoulées; le PIB croît au rythme annuel de 5 %, et l’inflation reste inférieure à 4,5 %.
Evo Morales a été réélu massivement en 2009, pour un second mandat de cinq ans. Cet indigène, ancien syndicaliste et planteur de coca, dont les plus libéraux craignaient la propension à un débordement de nationalisme dans la conduite des affaires du pays, a fini par s’entendre avec la communauté des investisseurs privés. Bien qu’il ait promis d’en finir avec un système qui condamnait son peuple à se voir spolié de ses immenses richesses gazières et minières, le président bolivien a opté pour un modèle de «nationalisation light». Les compagnies pétrolières et minières sont invitées à consentir les investissements selon les modalités fixées par les autorités si elles veulent avoir droit aux profits attendus. Autrement dit, ces entreprises doivent mettre la pédale douce quant aux retours sur investissement. Cela a valu des démêlés à Evo Morales avec la compagnie Petrobras, très présente en Bolivie, qui exploite de gigantesques gisements de gaz dont la production est exportée au Brésil. Petrobras contribue à 16 % du PIB bolivien !
VINCENT BOLLORE S'INTERESSE AU LITHIUM
Second producteur de gaz en Amérique du Sud après le Vénézuéla, la Bolivie détient un autre atout : elle possède la plus importante réserve au monde de lithium, estimée à 5,4 millions de tonnes. Considéré comme «un or gris», le lithium est utilisé dans l’élaboration de batteries ultra légères destinées aux téléphones et aux ordinateurs portables. Parmi les investisseurs qui s’intéressent à cette manne minière: Vincent Bolloré. Lors de sa visite officielle en France en janvier 2009, Evo Morales s’était rendu au centre d’essai de l’industriel breton.
Y. Le Houelleur

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