Boeing reconnaît des « pressions » sur le 787
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leLe géant américain de l'aéronautique et de la défense, qui publie aujourd'hui ses résultats 2006, a reconnu que le programme 787, un avion bimoteur à 50% en matériaux composites, connaissaient toujours des « pressions pour respecter les objectifs de masse » et pour régler certains problèmes avec des partenaires du programme (l'italien Alenia, l'américain Vought Aircraft, les japonais Kawasaki et Fuji Heavy Industries). Le 787 a un surpoids d'environ 2%, soit un peu plus de deux tonnes. Pour régler ce problème, Boeing a augmenté de 8% son budget de recherche & développement sur les années 2006-2007 (6 milliards de dollars au total). Le constructeur a lancé un plan d'action en huit points qui prévoit notamment une assistance « aux trois ou quatre partenaires qui ont des problèmes », selon James McNerney, PDG de Boeing, et une action pour « raboter » la masse de l'appareil. « Ces mesures sont en cours d'application et nous sommes satisfait des progrès accomplis », a précisé le patron de Boeing lors d'une conférence téléphonique qui s'est tenue aujourd'hui.
Avec cet avion, Boeing a réalisé un pari très audacieux puisque le 787 sera le premier avion commercial de cette taille à avoir un fuselage et des ailes en fibres de carbone, plus légères que les alliages d'aluminium traditionnellement employés. Objectif : offrir aux compagnies aériennes une baisse de 20 % de la consommation de carburant. L'argument a fait mouche puisque le 787 s'est déjà vendu à 452 exemplaires, moins de trois ans après son lancement.
Toutefois, Boeing et ses partenaires ont connu quelques problèmes, notamment de porosité, dans la mise au point des sections de fuselage en composite. Par ailleurs, certains partenaires japonais, ainsi que l'italien Alenia, ont mis plus de temps que prévu à livrer les éléments dont ils ont la charge. Boeing a choisi un procédé technologique basé sur le drapage automatique de tissus de carbone autour d'un mandrin géant qui permet de constituer une section de fuselage d'un seul tenant, qui est ensuite cuite dans un autoclave. Selon certains spécialistes, là où ce procédé entraîne des risques de dilatation entre le carbone et le mandrin métallique et génère des phénomènes de porosité. Bien que Boeing continue d'assurer que le 787 entrera en service en mai 2008, les doutes se multiplient sur la capacité du groupe à y parvenir.
G.L-B.
Zoom résultats
Comme prévu, les avions civils compensent le tassement des activités militaires de Boeing, C'est l'un des principaux enseignements des résultats publiés aujourd'hui par le géant de Chicago. Le chiffre d'affaires des avions commerciaux (Boeing Commercial Airplanes), porté par une hausse de 37% des livraisons (398 appareils) a bondi de 33% à 28,5 milliards de dollars avec une marge opérationnelle passée de 6,7 % à 9,6%. Par contre, les ventes de la branche Défense n'ont progressé que de 4% à 32,4 milliards de dollars et sa marge opérationnelle a chuté à 9,3% contre 12,6% en 2005. Boeing a du passer plusieurs provisions en 2006, pour environ un milliard de dollars. Pour 2007, le groupe s'attend à une nouvelle croissance de 5 à 6 % de ses ventes, avant tout soutenue par les avions commerciaux (440 à 445 livraisons prévues). Boeing serait ainsi au coude à coude avec Airbus, qui prévoit 450 livraisons pour 2007. En 2008, le constructeur américain devrait livrer 515 à 520 avions à ses clients.

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