Boeing fait tout pour éviter la grève04/09/2008
La menace de grève générale dans les principales usines de l'avionneur américain n'est que suspendue. La direction du groupe et le syndicat des mécaniciens (IAM), qui représente la plupart des
27 000 salariés des ateliers concernés, ont convenu de discuter jusqu'à demain, vendredi, pour trouver une issue au conflit qui les oppose. Une large majorité des mécaniciens a voté contre les propositions salariales de Boeing et le contrat collectif régissant la protection santé. Et 87 % des votants se sont prononcés pour la grève. L'IAM a accepté de suspendre le mouvement à la demande du médiateur et du gouverneur de l'Etat du Washington, où sont situées les deux principales usines du groupe, celle de Renton (sud de Seattle), qui fabrique les 737, et celle d'Everett (nord de Seattle), où Boeing assemble ses gros porteurs (787, 777 et 747). Un risque sur la productivité à flux tendus Dans cette affaire, l'avionneur joue encore plus gros qu'en 2005, année de la dernière grève chez Boeing, qui lui avait coûté 2,5 milliards de dollars. Depuis, le constructeur a augmenté ses cadences de 67% par rapport à 2005. Il livre en ce moment une moyenne de 40 appareils par mois, tous modèles confondus, alors qu'en 2005, les usines dépassaient péniblement la cadence 24. Comme Airbus, le constructeur de Seattle doit satisfaire une clientèle avide nouveaux avions. Ces rythmes de production étaient jusqu'à présent inconnus dans l'aviation commerciale, mais du coup, ils nécessitent une logistique sans faille. Autant dire que le moindre grain de sable dans la machine peut être catastrophique, avec le spectre des tronçons de fuselage s'accumulant dans les halls d'assemblage. L'autre élément nouveau, c'est naturellement l'avancement du programme Dreamliner 787, un appareil long courrier très économique. L'avion sera livré avec 15 à 24 mois de retard selon les clients en raison des difficultés techniques de mise au point. Dans son usine d'Everett, le groupe fait tout ce qu'il peut pour rattraper une partie de ce retard, ou pour ne pas l'aggraver. Boeing veut à tout prix effectuer comme prévu un premier vol au quatrième trimestre 2008. Si la grève est déclenchée, l'avionneur peut sans doute dire adieu à son objectif. Là aussi, le coût financier en pénalités de retard risque d'être lourd, même si le 787 reste le plus grand succès commercial de Boeing avec près de 900 commandes fermes. GL-B |
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