Cela n’a échappé à personne, quasiment trois semaines de suite, les bourses mondiales jouent au yo-yo avec un scénario quasi identique.
Chute abyssale les trois premiers jours de la semaine, puis rebond haussier en fin de semaine. On s’en souvient, la semaine passé, la désunion de l’Europe a semé un vent de spéculation sur la monnaie unique et emporté dans la tourmente la plupart des places boursières voguant au gré des rumeurs.
Bis repetita cette semaine. La chute du début de semaine sur les places mondiales a été alimentée par une rumeur inquiétante : la possible réduction par la Chine de ses actifs en euro. En plus d’être l’usine du monde, la Chine détient aussi la plus grande réserve de change de la planète. Un mouvement de l’ex empire du milieu, à la vente ou à l’achat, peut faire basculer un marché plus sûrement que n’importe quel indice macroéconomique.
Le démenti jeudi par la Chine a soulagé les marchés qui sont repassés comme un seul homme dans le vert, effaçant en deux jours les pertes de la semaine. Le CAC 40 repassait ainsi hier dans le vert en reprenant 3,42% à 3500 points. Son plus haut depuis une semaine. Le rebond de Wall Street et des places asiatiques, malgré des chiffres décevant de l’économie américaine avec une croissance moins élevée qu’attendu à 3%, à achevé de convaincre les acheteurs qui dès ce vendredi repartent en quête des bonnes affaires.
Les cycliques en vedette
Des bonnes affaires qui se trouvent dans les valeurs cycliques, sujettes aux aléas des recommandations. Ainsi le secteur automobile a été très sollicité : Peugeot prenait hier 7,11% sur la confirmation de la fabrication d’un modèle destiné aux pays émergents, et Renault s’appréciait de 6,13%. EADS (+2/03%) et Alcatel-Lucent (2,18%) repassent aussi dans le vert ce vendredi tout comme Veolia Environnement, +1,92%.
Du côté des valeurs à surveiller, Derichebourg profite d’un retour aux profits avec un résultat net de 6.7 millions d’euros pour son premier trimestre fiscal. Un retour salué par une hausse de 9,3% de son titre à 3,16 euros. A surveiller aussi Dassault Système (+2,4%) dopé par l’effet de change eurodollar. 38% de ses revenus proviennent en effet de la zone dollar contre 28% de ses coûts assumés en dollars.
L’évènement de la semaine dans le landernau high-tech est sans conteste le fugace passage d’Apple devant Microsoft en termes de capitalisation, 222 milliards de dollars contre 219 milliards de dollars. Un dépassement symbolique interprété comme le succès d’une stratégie de diversification pour conjurer les aléas boursiers. Le prix de l’action d’Apple a été multiplié par 20 en une décennie. Reste que Microsoft détient toujours un monopole (94%) de facto sur les postes de travail. Couplé au très bon accueil d’Office 2010 et de sa stratégie fondée sur Internet, rassure les investisseurs sur la capacité de Microsoft à se maintenir à un très bon niveau de liquidité dans les prochaines années.