Biens d'équipement
Les plasturgistes jouent la modernisation
Ces dix dernières années, les transformateurs de matière plastique ont surtout investi dans des machines numérisées et fortement équipées.
La dernière enquête du Bipe sur le parc français des équipements pour la transformation des matières plastiques et du caoutchouc fait ressortir une évolution notable de la productivité chez les plasturgistes durant ces dix dernières années, grâce notamment à un important effort d'équipement.Ainsi, le taux de pénétration des machines à commande numérique a connu une croissance annuelle de 22,4%: de 2000 machines environ en 1985, le parc est passé à presque 10000. Dans le moulage des thermoplastiques, par exemple, le nombre de presses à commande numérique représente même 54,5% du parc, au lieu de 13,5% en 1985.Alors que la progression du nombre de machines dans les ateliers ne dépassait pas les 0,2% l'an, celle des matériels périphériques (robots manipulateurs, tapis de déchargement, systèmes de refroidissement...), qui concourent à l'accroissement de la productivité des machines, atteignait 12% annuellement durant cette même période.Une deuxième tendance se dégage: le phénomène d'externalisation des activités de transformation du plastique, qui ne cesse d'augmenter. Le parc des entreprises de sous-traitance, qui représente aujourd'hui 88% des machines installées, a augmenté de 7,8% par an durant cette période, à comparer aux 3,4% seulement chez les "grands industriels" (pharmacie, agro-alimentaire, jouet, meuble). Dans le même temps, ces industriels ont laissé vieillir leur parc (l'âge moyen est passé de 9ans en 1985 à 9,8ans en 1993) alors qu'il a rajeuni chez les sous-traitants (de 8,8 à 8,3ans).Dans son enquête, le Bipe indique aussi que le parc est constitué majoritairement de machines d'origine française (60%). Cependant, la part des constructeurs hexagonaux sur le marché intérieur n'atteint aujourd'hui que 30%.
Des évolutions contrastées
Ce qui ne les empêche pas de bien se comporter à l'étranger malgré la crise. D'après le Symacap (Syndicat des constructeurs français de matériels pour les matières plastiques et le caoutchouc), le taux de couverture devrait atteindre près de 170% cette année. Un taux en constante augmentation depuis plusieurs années (74% en 1991). Mais ces résultats doivent beaucoup à l'extraordinaire performance de Sidel (1,8milliard de francs de chiffre d'affaires consolidé, 860personnes). Le leader mondial des machines de soufflage pour emballages attend une augmentation de son chiffre d'affaires de plus de 35% en 1994 (après quatre années du même ordre). Du coup, les statistiques de la profession dans son ensemble (20entreprises, 2,4milliards de francs de chiffre d'affaires) accusent une progression presque similaire.Une évolution qui ne peut malheureusement pas être généralisée à toute la profession, par exemple à propos du marché des machines d'extrusion. Le constructeur Mac Neil Akron Repiquet (115personnes, 110millions de francs de chiffre d'affaires en 1993), par exemple, n'a toujours pas ressenti le redémarrage de l'activité et se bat sur un marché où les prix sont encore tirés vers le bas.Dans les presses à injecter, la situation est en revanche en voie d'amélioration, comme le montre le cas du constructeur DK Codim (160personnes, 120millions de francs de chiffre d'affaires). Alors que, de 1991 à 1993, son activité a baissé de près de 8%, les affaires tendent à repartir franchement. DK Codim s'attend cette année à une augmentation de près de 20% de son chiffre d'affaires.
USINE NOUVELLE - N°2473 -









