Biberons mal stérilisés : les industriels se défendent
Par GAELLE FLEITOUR - Publié le
Certains biberons et tétines fournis aux hôpitaux auraient été stérilisés à l’oxyde d’éthylène, selon le Nouvel Observateur. Une technique que les industriels de la nutrition spécialisée pour l’enfance affirment ne pas utiliser.
Suite à l’enquête du Nouvel Observateur publiée le 17 novembre, la polémique enfle sur les biberons et tétines fournis aux maternités, qui auraient été pour certains stérilisés à l’oxyde d’éthylène. Ce vendredi 18 novembre, le SFAE (Secteur Aliments de l’Enfance du Syndicat Français de la Nutrition Spécialisée, qui représente notamment Blédina, Lactalis ou encore Nestlé) s’est immédiatement déclarée en faveur de "la décision prise par le Ministre de la Santé de diligenter une enquête sur l’utilisation d’oxyde d’éthylène dans la stérilisation des biberons, tétines et téterelles distribués dans les hôpitaux." Ces industriels précisent d’emblée ne pas en utiliser pour stériliser les tétines et les mini-biberons (ou nourettes) qu’ils commercialisent.
Car cette technique, qui consiste à "gazer" les produits à stériliser avec ce gaz inerte, n’est pas autorisée pour les matériaux au contact des denrées alimentaires, l’oxyde d’éthylène étant considéré comme cancérogène pour l’Homme. Mais elle n’est pas interdite pour les dispositifs médicaux, tels que les compresses ou les biberons ayant une finalité médicale d'administration de produits thérapeutiques (fonction de mesurage), précise une porte-parole de l’Afssaps à l’Usine Nouvelle. Or "les biberons classiques utilisés pour nourrir des bébés (prématurés ou non) ne sont pas des dispositifs médicaux (DM) et leur contrôle ne relèvent donc pas des missions de l'Afssaps".
A la demande de Xavier Bertrand, l’IGAS et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) seront donc chargés de "comprendre comment un tel dysfonctionnement a pu se produire", à la fois chez les entreprises qui commercialiseraient des produits en contact direct avec des denrées alimentaires, stérilisés avec de l’oxyde d’éthylène, et chez les établissements hospitaliers qui les auraient achetés. Si les conclusions de l’enquête devront être rendues avant la fin de l’année, les biberons, tétines et téterelles stérilisés avec de l’oxyde d’éthylène devront d’ici là être "retirés dans les délais les plus brefs", indique le ministère de la Santé.

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