BGI, un nouvel acteur sur la scène d'Heuliez
Par Carole Lembezat - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3195L'industriel français, qui se propose de reprendre l'activité historique du carrossier des Deux-Sèvres, sort enfin du bois. BGI est prêt à mettre 10 millions d'euros dans ce projet, tout comme l'allemand Conenergy qui reprendrait l'entité véhicule électrique d'Heuliez.
Le 22 mai, BGI (Baelen Gaillard Industries) se dévoilait comme étant le fameux « industriel français » candidat à la reprise des activités traditionnelles (emboutissage, ferrage et carrosserie) d'Heuliez, placé en redressement judiciaire pour la deuxième fois en un an. Ce groupe familial a été créé en 2003 par deux associés. Pierre Baelen, financier, est un ancien de la Société générale. François de Gaillard est quant à lui un industriel, ancien président de l'équipementier automobile Webasto Europe. Il a débuté sa carrière chez Heuliez où il a passé cinq ans.
BGI serait prêt à apporter immédiatement 10 millions d'euros en fonds de roulement, constitués d'argent frais de BGI et de lignes de crédits bancaires. Mais le groupe ne se présente pas seul sur le dossier. Il travaille main dans la main avec le distributeur allemand Conenergy, qui mettrait également 10 millions d'euros sur la table pour reprendre la partie véhicule électrique.
Dans un premier temps, le français ne reprendrait que 260 personnes sur les 574 que compte aujourd'hui l'entité Heuliez New World. De son côté, l'allemand reprendrait l'ensemble du personnel d'Heuliez véhicule électrique (32 personnes), ainsi que d'autres salariés issus de l'entité soeur, afin de constituer une entreprise d'une centaine de personnes environ.
REBÂTIR HEULIEZ AUTOUR DE SES MÉTIERS HISTORIQUES
« Par ailleurs, l'industriel français devrait pouvoir apporter une commande dans l'emboutissage hors secteur automobile, ce qui nécessiterait l'embauche de 100 personnes supplémentaires rapidement », assure Régis Valliot, l'administrateur judiciaire et ancien mandataire ad hoc.
BGI dispose en effet déjà d'un savoir-faire et de clients dans la carrosserie, grâce à sa filiale Buisard (située dans la Sarthe), spécialisée dans la fabrication de postes de conduite pour engins de BTP, de machines agricoles et de manutention. C'est avec celle-ci que les deux dirigeants imaginent créer des synergies en reprenant le carrossier des Deux-Sèvres. « BGI a construit pour cela un projet industriel cohérent et financièrement solide, avec une ambition forte : rebâtir Heuliez autour de son coeur de métiers historiques, tout en développant ses activités sur les marchés automobile, ferroviaire, aéronautique, agricole et industriel », insiste un porte-parole du groupe.
Ce groupe, dont peu de personnes avaient entendu parler jusqu'alors, s'est constitué par acquisitions successives d'entreprises « in bonis » entre 2003 et 2008. Il se prévaut aujourd'hui d'un chiffre d'affaires de 125 millions d'euros. Avec ses cinq filiales, son activité est relativement diversifiée. Elle va de la carrosserie à la fabrication de machines pour l'agroalimentaire, en passant par le joint d'étanchéité de haute technologie et le contrôle des sols sportifs et récréatifs. Quelle que soit l'issue de l'audience du 28 juillet au tribunal de commerce de Niort, qui statuera sur le sort d'Heuliez, BGI est un groupe qu'il va falloir suivre de près.











