Berlusconi courtise les députés indécis avant le vote de mardi
Publié lepar Gavin Jones
ROME (Reuters) - Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, qui refuse de quitter le pouvoir, n'a plus qu'un jour pour convaincre les dissidents de sa majorité de lui maintenir sa confiance.
Un vote négatif de la Chambre des députés mardi sur les finances publics rendrait intenable la position du président du Conseil.
Depuis son retour du G20 de Cannes vendredi, le chef du gouvernement italien tente de convaincre les rebelles potentiels de ne pas quitter le navire en leur tenant le discours suivant: vous n'avez nulle part où aller et vous serez récompensés en restant à mes côtés.
"Nous avons vérifié ces dernières heures, les chiffres parlent d'eux-mêmes: nous avons toujours la majorité", a dit Berlusconi dimanche à des adhérents de son parti, le Peuple de la liberté (PDL).
L'opposition de gauche assure que ce n'est pas le cas et prépare une motion de défiance pour faire tomber le gouvernement, dans l'éventualité où Berlusconi survivrait au vote de mardi.
"Berlusconi bluffe, c'est une tentative désespérée de sauver sa peau. Il n'a plus la majorité à la Chambre", a dit Dario Franceschini, membre éminent du Parti démocrate (gauche).
Les journaux estiment que le nombre de dissidents est de 20 à 40 au sein de la majorité, largement suffisant pour renverser le gouvernement. Mais Berlusconi a prouvé ces derniers mois sa capacité à résister aux frondes internes.
Le "Cavaliere" rencontre les indécis, passe des coups de fil. Un député de la coalition a raconté, après un entretien avec Berlusconi, que le président du Conseil était prêt à les récompenser par des "postes bien mérités" au gouvernement.
A l'inverse, les dissidents "trahiraient le gouvernement et le pays", a mis en garde Berlusconi vendredi.
Le président du Conseil, âgé de 75 ans, n'envisage pas un gouvernement de techniciens ou une nouvelle équipe soutenue par l'ensemble des partis représentés au parlement.
"La seule alternative à ce gouvernement serait des élections", a-t-il dit dimanche.
Les observateurs comparent ces manoeuvres en coulisse à celles en cours entre la fin de la Seconde guerre mondiale et les réformes de la loi électorales en 1993 et 1994. Les gouvernements étaient rapidement renversés au parlement par les différents courants de l'incontournable Démocratie chrétienne.
Aujourd'hui, les députés tentés de faire tomber la coalition sont d'anciens membres de la Démocratie chrétienne attirés par le parti centriste (UDC), qui propose de soutenir une coalition allant du centre-droit à la gauche.
Clément Guillou pour le service français
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