Berlin réaffirme qu'Athènes n'a pas besoin d'une aide financière
Le 21 mars 2010par Erik Kirschbaum
BERLIN (Reuters) - La Grèce n'a pas besoin d'une aide financière et il est inutile que cette question figure en tête de l'ordre du jour du sommet européen de jeudi et vendredi prochains, a déclaré dimanche Angela Merkel.
Dans une interview à la radio Deutschlandfunk, la chancelière allemande a expliqué qu'elle souhaitait éviter des turbulences sur les marchés financiers en faisant naître de "faux espoirs" concernant l'octroi d'une aide à la Grèce.
Vendredi, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé les Etats membres de l'Union européenne à s'entendre sur un dispositif d'aide à la Grèce à l'occasion du sommet européen des 25 et 26 mars, Athènes n'ayant pas exclu de faire appel au Fonds monétaire international.
"Il n'y a pas de menace de défaut", a souligné Angela Merkel. "Je ne pense pas que la Grèce ait besoin d'une aide financière urgente de la communauté européenne et c'est ce que le Premier ministre grec ne cesse de me répéter."
José Manuel Barroso estime pour sa part que les 16 pays qui partagent l'euro doivent être prêts à octroyer des prêts à la Grèce sur une base bilatérale et de manière coordonnée afin d'aider Athènes à réduire son déficit budgétaire de quatre points de pourcentage.
La situation ne peut "plus durer", il faut agir rapidement, a-t-il estimé vendredi.
Mais la chancelière allemande lui a opposé une fin de non recevoir.
"Je ne pense pas que la Grèce ait besoin d'argent pour le moment et le gouvernement grec l'a confirmé. C'est pourquoi je plaide pour que nous ne provoquions pas de turbulences sur les marchés en faisant naître de faux espoirs pour le conseil de jeudi", a-t-elle dit.
BERLUSCONI SOUTIENT UNE AIDE DE L'UE À LA GRÈCE
"Je pense que, tant que la Grèce n'a pas besoin d'aide, cette question n'a pas lieu de figurer en tête de nos discussions", a expliqué la chancelière. "L'aide ne sera pas à l'ordre du jour de la réunion de jeudi car la Grèce a dit elle-même qu'elle n'avait pas besoin d'aide pour le moment".
Les dirigeants européens devraient cependant débattre de cette question lors du sommet de Bruxelles, la Grèce ayant prévenu qu'elle serait dans l'incapacité d'atteindre ses objectifs de réduction des déficits si ses coûts d'emprunt restaient aussi élevés, ce qui pourrait l'obliger à faire appel au FMI.
Certains membres de la zone euro voient d'un mauvais oeil un tel scénario qui pourrait être interprété comme un signe de faiblesse de la région.
Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a déclaré dimanche à Reuters que l'Italie était totalement favorable à une aide de l'Union européenne à la Grèce, se démarquant ainsi de la position d'Angela Merkel.
Le secrétaire général de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), Angel Gurria, a estimé de son côté qu'une aide conjointe de l'UE et du FMI serait le meilleur moyen de venir en aide à Athènes.
"L'Europe doit apporter un soutien fort à la Grèce après la présentation de son programme de stabilité. Les marchés recevront le message, la Grèce verra baisser ses coûts d'emprunt et pourra passer à la mise en oeuvre des mesures et des réformes", a-t-il dit dans une interview au quotidien Kathimerini.
"Je considère que le meilleur moyen consiste à combiner les aides, les financements et les garanties. Dans cet ensemble, j'inclus aussi bien le FMI", a-t-il ajouté.
Avec Stephen Jewkes et George Georgiopoulos, Gwénaëlle Barzic pour le service français
Les articles liés :
L'UE veut parler croissance pour sortir de la crise
par Julien Toyer BRUXELLES (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, réunis lundi à Bruxelles pour discuter croissance, espèrent convaincre les marchés financiers que l'Europe est en passe de résoudre la […]
L'UE se donne du temps sur la Grèce et le FESF
par Julien Toyer BRUXELLES (Reuters) - Les pays de l'Union européenne se sont entendus jeudi pour recapitaliser leurs banques à hauteur de 100 milliards d'euros mais de profondes divergences entre Paris et Berlin sur la manière de […]
Berlin pourrait lâcher du lest sur la place du privé dans le MES
par Julien Toyer et Andreas Rinke BRUXELLES (Reuters) - L'Allemagne pourrait assouplir sa position sur la participation du secteur privé au sauvetage financier d'un pays si elle obtient gain de cause sur un contrôle beaucoup plus […]

dans la même rubrique
13/02/2012 Le canon électromagnétique américain en phase de tests13/02/2012 Après l'Inde, le Rafale donné grand favori au Brésil
13/02/2012 Les Bourses européennes dans le vert à la mi-séance












