Bercy définit des priorités de conquête à l’export

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Nicole Bricq
© SINDEU Sébastien - L'Usine Nouvelle

Nicole Bricq a détaillé les couples pays-produits sur lesquels la France doit se concentrer pour améliorer ses parts de marché à l'export.

Où concentrer les forces des entreprises françaises pour conquérir des marchés à l'étranger ? Nicole Bricq, la ministre du Commerce extérieur a le sens de la formule. "L'Etat stratége doit faire des choix", résume-t-elle. Pour les identifier, la ministre s'est appuyé sur une étude originale de la direction générale du Trésor détaillée pour déterminer les opportunités de croissance.

Bercy a fait tourner ses modèles économiques pour déterminer le niveau de la demande mondiale en 2022 et déterminer la part de marché que les entreprises françaises détiennent déjà. Les hauts fonctionnaires l'ont ensuite couplé avec une approche qualitative en prenant en compte les barrières douanières ou l'importance de la concurrence étrangère.

La conclusion ? 47 pays ont été identifiés comme prioritaires dont les pays développés, les BRIC et les émergents de taille intermédiaire comme la Colombie ou le Kenya. "Les pays développés et l'Europe restent des débouchés naturels pour nos PME-ETI", rappelle Ramon Fernandez, le directeur général du Trésor. Les pays développés représenteront en 2022 toujours 64 % de la demande mondiale de biens, contre 70 % aujourd'hui. Mais les pays émergents devraient représenter la moitié des 3400 milliards d'euros d'importations supplémentaires dans les 10 prochaines années. Or dans ces marchés émergents aussi "il faut renforcer rapidement nos positions dans le commerce courant" juge le directeur du Trésor.

Dans le même temps, l'étude a identifié quatre secteurs prioritaires, sur lesquels la croissance de la demande devrait être forte dans les 10 années à venir. La filière agroalimentaire, y compris le machinisme agricole, devrait enregistrer une hausse de 110 milliards d'euros de la demande mondiale d'ici 2017 et 255 milliards d'ici 2022. Le secteur du numérique et de la communication, qui regroupe le logiciel, la sécurité informatique ou les composants, devrait croître de 300 milliards d'euros en cinq ans. Derrière arrivent la santé et la cosmétique et le secteur de la ville durable, estimé en croissance respect milliards d'euros d'ici 2017, un chiffre "probablement inférieur à la réalité".

A chacun correspond une liste de pays cibles. La Chine, Singapour ou l'Arabie saoudite (entre autres) pour l'agroalimentaire. Le Brésil, où un plan national du haut débit est en cours, l'Inde et ses 121 millions d'internautes ou la Russie premier marché mobile en Europe pour le numérique par exemple.

"Cela ne veut pas dire qu'il faut négliger le luxe ou les grands contrats", démine Nicole Bricq. Pour tirer les ventes à l'export des entreprises françaises, l'étude plaide aussi pour la mise en place d'offres plus intégrée entre des secteurs proches lorsque c'est possible, par exemple en profitant des bonnes performances à l'export des produits pharmaceutiques pour développer les dispositifs médicaux. "Avoir des offres intégrées n'est pas une habitude française où on préfère travailler en silo", regrette Nicole Bricq. Ce sera peut-être le plus dur.

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2 réactions

bob | 07/12/2012 - 13H27

Et l'automobile ?

Parce que concernant les exportations vers les pays émergents, on frise la chute libre.

Il est loin le temps où l'on voyait les pubs de voitures Citroën sur la muraille de Chine.

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zelectron | 04/12/2012 - 15H05

Peut-on supposer que ces "injonctions" ont été "étudiées" par un comité d'énarques pour réaliser un florilège de yaka, ifokon, irespuka ?

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