Bénéfice record en poche, Total démolit quand même 555 emplois
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Un mois après avoir annoncé un résultat 2008 record de 13,92 milliards d'euros, le géant pétrolier supprime dans l'Hexagone 306 emplois dans la pétrochimie et 249 postes dans le raffinage.
Total aussi, allonge la liste des emplois dégommés. La direction des activités pétrochimiques du groupe en France (Total Petrochemicals France, TPF) compte supprimer 306 postes d'ici à 2012. L'initiative a été qualifiée de « scandaleuse » par le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez. Une protestation qui devrait faire tâche d'huile, un mois seulement après l'annonce d'un bénéfice 2008 record de 13,92 milliards d'euros, le plus gros jamais réalisé par une entreprise française.Le « plan de sauvegarde de l'emploi » concerne 130 emplois à Gonfreville l'Orcher (Seine-Maritime), 64 sur 800 à Carling (Moselle), 25 sur 100 sur le site de Mont-Lacq (Pyrénées-Atlantiques) et 33 au siège social de La Défense. L'usine de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime) devrait fermer, entraînant la disparition de 54 postes. Pour le secrétaire du CCE, Aldo Scalzo (CGT), il s'agit d'un « projet de casse industrielle, conséquence de délocalisations au Moyen-Orient, au Qatar et en Algérie ».
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De notre correspondante en Lorraine, Pascale Braun
Le P-DG de TPF, Philippe Goebel, précise qu'il n'y aura aucun licenciement, mais des reclassements internes et des congés attente retraite (dispense d'activité pour les salariés à moins de trois ans du départ à la retraite). Selon lui, ce « plan de consolidation » de l'activité pétrochimique n'est pas lié à la crise, mais aux surcapacités en France du fait des projets qui se réalisent au Moyen-Orient. Il comprend également 230 millions d'euros d'investissements d'ici 2012, « qui devrait générer 400 emplois par an ». En partenariat avec GDF Suez, TPF prévoit aussi d'investir 70 millions d'euros pour construire un site de production de panneaux photovoltaïques (plaquettes de silicium) près de Carling. Une centaine d'emplois devraient être créés, dixit Philippe Goebel.
De son côté, le « projet d'adaptation du raffinage en France » engendre la disparition de 249 emplois d'ici 2013. Sans licenciement non plus, selon les syndicats, pour qui, ces suppressions de postes correspondent à 309 emplois, certains postes étant occupés par plusieurs salariés. D'après la CGT, Total justifie ce plan « au regard de l'inadaptation structurelle du raffinage français et européen, excédentaire en essence et déficitaire en diesel ». « Le problème de fond est que Total a décidé d'investir massivement dans le raffinage à l'étranger, près des zones de production de brut », estime Jacky Pailloux de Sud.
Matthieu Maury
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D'abord, la suppression d'ici 2011 de 249 postes sur les 1 100 actuels de la raffinerie. Motif : la diminution de la capacité actuelle de distillation de cette raffinerie, la plus importante de l'Hexagone avec 16,3 millions de tonnes. Compte tenu du détail technique des différents équipements qui seront arrêtés, la capacité de la raffinerie passera à 11,6 millions de tonnes. En revanche, 700 millions d'investissements sont programmés à la raffinerie pour diminuer les productions d'essence, en perte de vitesse notamment à l'export vers les USA, et augmenter la production de diesels. A priori, aucun licenciement sec n'est prévu, la direction devant proposer des mutations, des propositions de dispense d¹activité, des départs en retraite anticipés, etc. Parallèlement, 50 postes sont supprimés au siège social de Total à Paris.
« Mais le plus grave reste que ces 249 emplois supprimés à la raffinerie en représentent, d'amont en aval de 4 à 5 fois plus en emplois induits », martèle Philippe Saunier, délégué CGT à la raffinerie, « c'est une catastrophe en terme d¹emplois pour la région havraise ». A fortiori que la branche chimie qui compte deux sites voisins de la raffinerie est, elle aussi, touchée. Ainsi, Total Petrochemicals va fermer en décembre 2009 son unité Notre-Dame-de-Gravenchon en Seine-Maritime. Celle-ci est spécialisée avec 54 salariés dans la fabrication de butanol secondaire, un produit qu'elle est la seule en France à élaborer. L'autre site touché de la branche chimie est l'usine voisine Total Petrochemicals de Gonfreville-l'Orcher. Là, 130 postes sur 920 sont supprimés. La direction y annonce cependant 210 millions d¹investissements d'ici 2012. Des investissements techniques en vue d'une meilleure compétitivité du site.
De notre correspondant en Normandie, Patrick Bottois

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