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Ben Verwaayen engage Alcatel-Lucent dans l'après-fusion

Par Hassan Meddah - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3127

Le directeur général d'Alcatel-Lucent doit définir une stratégie de rupture pour relancer l'équipementier télécoms. Sa connaissance du secteur est son principal atout.

Fusion inachevée, faiblesses dans les réseaux mobiles, concurrence chinoise exacerbée, salariés désabusés... Avant même l'éclatement de la crise, la mission de Ben Verwaayen, ce Néerlandais de 56 ans nommé directeur général d'Alcatel-Lucent en septembre dernier, s'annonçait des plus périlleuses. C'est dire si son plan de relance présenté le 12 décembre est attendu. Et d'abord par les 77 000 salariés du groupe. Depuis l'annonce de la fusion entre Alcatel et Lucent, en décembre 2006, ils vivent un cauchemar sans fin : 16 500 postes supprimés, des pertes trimestre après trimestre, des patrons, Patricia Russo et Serge Tchuruk, qui sortent par la petite porte avec un parachute doré...

Pas étonnant, dès lors, que le dirigeant prenne le contre-pied de ses prédécesseurs dans sa relation avec les salariés. Un « chat » ouvert à tous en novembre, une adresse mail pour recueillir leurs suggestions et leurs interrogations, auxquelles il s'engage à répondre personnellement, aidé par son BlackBerry. « Cela nous change totalement de ses prédécesseurs. Russo était fuyante, Tchuruk peu accessible. Verwaayen m'a répondu moins de vingt minutes après mon message », indique un salarié. Un moyen efficace pour le DG de prendre le pouls de l'entreprise !

Sous son air affable, Ben Verwaayen n'est pas un sentimental. Les restructurations, il connaît. Les salariés de l'opérateur britannique BT, qu'il a dirigé de 2002 à 2008, en savent quelque chose. Les effectifs de la division grand public ont fondu, de 55 000 à 39 000 salariés. « Il a su négocier avec les syndicats. Cela s'est passé sans licenciement sec », explique Pierre Danon, en charge de la division à cette époque et actuel PDG de Numericable.

Alors, Verwaayen, insatisfait de la rentabilité du groupe, réduira-t-il à nouveau les effectifs ? Le groupe n'est pas sorti d'embarras. Et les soubresauts persistent. Comme la démission inattendue du directeur financier, Hubert de Pesquidoux, le mois dernier, quelques jours après avoir été confirmé à ce poste au comité de direction ! Ou encore la rumeur liée à la cession de l'activité mobile, vite démentie mais révélatrice des difficultés persistantes du groupe dans ce segment.

Le nouveau directeur général devrait former avec Philippe Camus, le président du conseil d'administration du groupe, un binôme complémentaire, à l'opposé du duo antagoniste Pat Russo-Serge Tchuruk. Le Néerlandais a l'expertise du secteur des télécoms ; le Français, par ailleurs directeur général délégué du groupe Lagardère, la connaissance des milieux politiques et financiers du pays. Une qualité qui ne doit pas être étrangère à l'accélération des négociations avec le groupe Dassault et l'Etat pour la vente de la participation de l'équipementier dans Thales, moins de trois mois après la nomination du nouveau tandem !

Verwaayen sait aussi se débarrasser des choses encombrantes. Comme cette selle texane trônant au siège du groupe parisien, à l'étage de la direction, héritée des péripéties américaines d'Alcatel. A qui l'a-t-il donnée ? A Serge Tchuruk, en cadeau de départ ! C'est sûr, il sait y faire. .

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