Belvédère : un chiffre d’affaires plombé par le plan de sauvegarde
Par Morgane Remy - Publié le
Le groupe de boissons alcoolisées Belvédère boit la tasse. Et les lendemains de crise et de plan de sauvetage présagent d’une bonne gueule de bois. La solution pourrait être de lâcher du lest pour éviter de sombrer.
Le groupe de boissons alcoolisées Belvédère, septième producteur de vodka au monde, enregistre une perte sans précédent de 178 millions d’euros en 2009. La perte enregistrée est supérieure à celle de 2008 qui n’était « que » de 61 millions. Le porte-parole du groupe précise que « cette perte est virtuelle ». Pour lui, « il s’agit surtout de dépréciations d’actifs » et non de déficits.
Le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 26% et s’est établi à 619 millions d’euros. En Pologne, qui représente plus d’un tiers du chiffre d’affaires de Belvédère (36%), le groupe a vu sa part de marché baisser de 22,6%. Sur la France, le deuxième marché du groupe avec 28,6% de son chiffre d’affaires. Le groupe a poursuivi son désengagement des marchés à faible marge. Conséquence : son chiffre d’affaire a baissé de 21% sur l’exercice mais permet une amélioration des marges.
Cession de Marie Brizard
« Cette mauvaise performance est due pour l’essentiel aux conséquences de la procédure de sauvegarde qui a fortement réduit les capacités financières du groupe dans un contexte économique déjà très difficile », précise le communiqué du groupe. Le plan de sauvegarde, homologué en novembre 2009 par le tribunal du commerce, prévoit la cession le 10 novembre 2010 d’une dizaine de sociétés de distribution polonaises pour une somme de 66,7 millions d’euros.
Le plan prévoit aussi la cession de sa filière Marie Brizard. Cette cession devrait rapporter un revenu net de 235 millions d’euros. Ce groupe avait été acquis il y a trois ans, seul la filière vin serait conservée par Belvédère. Tout comme les distributeurs de vodka polonais, « il ne s’agit pas du cœur de métier. C’est un retour en arrière puisque ces activités avaient été développée depuis trois ans seulement », précise le porte-parole du groupe. Un retour en arrière qui coûte 140 millions puisque la valeur du groupe s’est largement dépréciée.
De nouveaux marchés
Cette vente est indispensable pour éponger les dettes du groupe. Lestage donc. Mais, pour prendre plus de hauteur en 2010, précise le groupe dans son communiqué. « Au cours des prochains exercices, la mise en œuvre du plan de sauvegarde va permettre au groupe Belvédère de reprendre son développement notamment sur les nouveaux pays à fort potentiel : Etats-Unis, Brésil, Ukraine», conclut le communiqué du groupe. « Les investissements dans ces marchés étaient prévus depuis deux ans. Mais, le plan de sauvegarde ne permettait pas ces investissements. On y revient aujourd’hui », explique le porte-parole.
Concrètement, ce tournant vers de nouveaux marchés a déjà été engagé. Ainsi, en 2009, au Etats-Unis, le groupe a poursuivi sa politique intensive d’investissement pour développer les ventes de sa vodka Sobieski. Et, en 2009, les ventes sont passées de 285 000 caisses de cet alcool blanc à 576 000. Objectif à atteindre : le million de caisses.
Morgane Remy

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