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L'Usine de la Santé

"Beaucoup d’enfants rêvent plus de créer un nouvel Iphone qu’un nouveau médicament", s'inquiète Jean-Christophe Barland, du laboratoire BMS

Publié le

Son laboratoire américain ambitionne de révolutionner les traitements du cancer, en s’appuyant notamment sur la recherche dans l’Hexagone. A l’occasion des Journées de l’innovation en santé, L’Usine Nouvelle a échangé avec Jean-Christophe Barland, directeur général de BMS France.

Beaucoup d’enfants rêvent plus de créer un nouvel Iphone qu’un nouveau médicament, s'inquiète Jean-Christophe Barland, du laboratoire BMS

Comment BMS s’est-il transformé pour innover ?

Il y a quinze ans, notre groupe très diversifié a fait le pari stratégique de se concentrer sur quelques aires thérapeutiques spécialisées dans lesquelles les besoins médicaux sont particulièrement importants. Cela nous a amenés à réduire notre taille et à concentrer nos investissements en recherche. Cette tendance vers la spécialisation a été suivie depuis par d’autres laboratoires.

Notre centre de gravité se déplace vers l’immuno-oncologie (une technologie consistant à réarmer le système immunitaire pour tuer les cellules cancéreuses) et les immunosciences. Nous investissons 30% de notre chiffre d’affaires en R&D pour y parvenir.

Que faut-il espérer de cette technologie ?

Le traitement du cancer connaît aujourd’hui un tournant majeur, sous la forme de deux révolutions. Une révolution scientifique tout d’abord. En 2011, nous avons lancé ipilimumab, le premier produit d’immuno-oncologie traitant le mélanome métastatique : on nous prenait alors pour des excentriques ! Quatre ans plus tard, on ne parlait plus que de l’immuno-oncologie à l’Asco, le congrès mondial de recherche contre le cancer. C’est un champ d’innovation pour les décennies à venir ! Mais on n’y parviendra pas tous seuls. D’où la conclusion de partenariats avec des biotechs, comme la marseillaise Innate Pharma ou la dijonnaise Oncodesign, ou notre fondation dédiée.

C’est aussi une révolution clinique. Pour les patients, ces nouveaux traitements du mélanome métastatique offrent aujourd’hui des perspectives de survie à 10 ans, voire au-delà pour 20% d’entre eux (contre, il y a cinq ans, moins de 10% de chances de survie à un an).

Quels sont les défis à relever ?

Ils sont multiples. Il faut encore améliorer la prédictibilité des traitements. Les biomarqueurs dont nous disposons pour diagnostiquer les patients qui pourraient être réceptifs à ces traitements nécessitent encore beaucoup de développement.

Comment vous appuyez-vous sur la France ?

Dans l’Hexagone, nous figurons au 14e rang des entreprises pharmaceutiques en termes de chiffre d’affaires, mais nous sommes le deuxième laboratoire en termes de recherche clinique en oncologie. Nous y avons créé la première fondation du groupe pour la recherche en immuno-oncologie, ce dont nous sommes très fiers, pour soutenir l’excellence de la recherche publique française dans ce domaine.

Comment répondre à la question du prix de l’innovation dans le cancer ?

Aujourd’hui, en France, on estime à environ 3 millions le nombre de personnes qui ont ou ont eu un cancer. Le coût pour la société, lié à la perte de productivité, est donc majeur. S’il est vrai que proposer à tous ces innovations thérapeutiques nécessite un haut niveau de financement, l’effort supporté par la collectivité sur le médicament représente seulement 15% des dépenses du cancer.

La valeur apportée par les médicaments innovants à la société est liée à l’allongement de la durée et de la qualité de vie des malades. Dans le contexte économique actuel, un débat s’impose sur la nécessaire contribution de tous les acteurs économiques à la prévention et à la recherche : c’est la santé de demain qui en dépend.

Sur les tumeurs qu’il est possible aujourd’hui de traiter par nos thérapies, nous nous adressons encore à des groupes de patients fort heureusement peu nombreux, dont la maladie est très avancée – de l’ordre de 3 000 sur le mélanome métastatique, environ 10.000  dans le cancer du poumon ou encore le cancer de la tête et du cou. Ces chiffres sont sans commune mesure avec ce qui s’est passé dans l’hépatite C

Qu’attendez-vous des journées de l’innovation ?

Je suis très enthousiaste à cette idée. Le cancer est une maladie tellement effroyable, il faut mettre la lutte sur le devant de la scène, comme en France avec les Plans Cancer et l’INCa ou comme l’a fait plus récemment le vice-président Joe Biden aux Etats-Unis. Mais je suis un peu inquiet car j’ai l’impression que beaucoup d’enfants rêvent plus de créer un nouvel Iphone qu’un nouveau médicament… Or si nous nous mobilisons tous, nous avons aujourd’hui une opportunité historique pour apporter des avancées majeures dans la lutte contre cette maladie.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

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