BearingPoint se place sous la protection de la loi américaine sur les faillites
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Confronté à une dette abyssale, le cabinet américain de conseil en technologie - 15000 salariés à l'international, dont 900 en France - s'est mis sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Ses filiales étrangères sont épargn
« Le chapitre 11, qui doit protéger la branche américaine de ses créanciers, ne s'applique pas aux filiales internationales », insiste un porte-parole de BearingPoint, l'un des principaux cabinets de conseil en technologie et en organisation. N'empêche, l'ex-KPMG Consulting - issu d'une scission en 2001 du géant de l'audit KPMG - est loin d'être en pleine forme, et pas seulement aux Etats-Unis. En 2007, son chiffre d'affaires est resté stable à 3,47 milliards de dollars, tandis que sa perte nette grimpait à 373 millions de dollars, contre 213 millions un an plus tôt. Sur les neuf premiers mois de l'exercice 2008, le chiffre d'affaires est en repli de 4%, à 2,51 milliards de dollars (dont 26% ont été enregistrés en Europe, en légère progression de 0,9%).Un milliard de dollars de dettes
BearingPoint, qui doit apparemment sa situation financière actuelle à sa boulimie d'acquisitions au début des années 2000, est surtout confronté à une dette d'environ un milliard de dollars, dont 200 millions sont susceptibles d'être réclamés dès avril 2009. La totalité de cette somme pourrait même être due immédiatement « dans l'éventualité d'une suspension de sa cotation au New York Stock Exchange » (NYSE), précise-t-il dans un communiqué. Une menace brandie par cette place boursière depuis juillet 2008.
BearingPoint n'a donc d'autre choix que de se protéger de ses créanciers. Le cabinet précise dans un communiqué qu'il a obtenu un accord de principe de ses créditeurs « privilégiés » pour son projet de réorganisation. Lequel doit leur permettre d'entrer au capital du groupe au détriment des actionnaires existants. Si le plan est approuvé par le juge américain en charge du dossier, les créanciers « chirographaires » - sans privilèges - seront eux contraints de l'accepter, nous explique le porte-parole interrogé.
Restructuration internationale ?
Reste que la montée au capital de nouveaux actionnaires devrait presque inévitablement entraîner une réorganisation en profondeur de BearingPoint. Le groupe a beau affirmer que ses filiales étrangères « ne seront pas affectées », l'agence Reuters rapporte déjà qu'Accenture aurait mandaté un intermédiaire pour négocier le rachat de ses activités asiatiques. Sans céder à la panique, certains clients français semblent aussi s'être fait une raison. Dans un entretien au MagIT, un interlocuteur au sein de l'administration française, cliente du groupe, indiquait récemment : « les carnets de commande de BearingPoint France sont bien remplis et ils sont positionnés sur des contrats rentables. Même si la maison mère choisit de vendre, un acquéreur se manifestera. Je n'ai pas d'inquiétude sur la continuité des contrats signés.»
Christophe Dutheil
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