Bayer CropScience redore ses métiers
Par Olivier James - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3138Afin d'améliorer l'image de ses activités, le chimiste Bayer CropScience a mis en place une formation pour ses salariés. Originalité : l'utilisation des techniques théâtrales pour dédramatiser leur malaise.
Pollution des eaux, des sols, maladies diverses et variées, impact sur la faune et la flore... En France, les controverses sur l'utilisation des pesticides sont plus que jamais d'actualité. Pardon, des produits phytopharmaceutiques. « Dans "pesticides", non seulement on entend "cide" pour "tuer", mais aussi "pest", qu'on assimile en français au fléau mortel et non pas à l'animal ou l'insecte nuisible, sa signification en anglais. » Ce constat de Pascal Housset est issu d'une note distribuée en interne en 2007. Le président de Bayer CropScience France s'alarme alors de l'image négative qui colle à la peau du secteur. En cause : les médias qui se font l'écho des peurs véhiculées par les opposants à l'emploi de pesticides. Le Grenelle de l'environnement découlerait d'ailleurs selon lui d'un « syndrome de peur ». Sans parler de l'affaire du Gaucho qui a aussi fait des dégâts... Après quelques conférences organisées pour les salariés entre 2006 et 2007, la direction prend conscience qu'il faut aller plus loin pour répondre aux nombreuses interrogations qu'ils se posent. « Certains ressentaient un véritable mal-être, assure Gilles Delanoë, le directeur de la communication. Ils n'osaient plus parler de leur métier en famille. »
TROUVER LE TON JUSTE
Courant 2007, une idée fait son chemin. « L'enjeu était de transmettre un contenu exhaustif, mais via un langage de non-expert. Et surtout de trouver le ton juste. » Très vite, la direction et la cellule de communication tombent d'accord : il faut faire appel à des comédiens. La troupe de théâtre d'entreprise Guichets fermés est appelée à la rescousse. En décembre 2007, une première cession est organisée. Elle prend la forme d'une journée complète de formation où les salariés sont invités à participer à des modules animés par des experts (sur l'utilité des pesticides, les impacts sur la santé et l'environnement), à comprendre les règles de base de communication (écoute, empathie...), le tout articulé autour de deux séquences théâtrales simulant des situations auxquelles ils ont pu être confrontés. « Les saynètes permettent de dédramatiser la situation, commente Gilles Delanoë. Elles ont aussi pour but de fournir à nos salariés des arguments qui leur permettront de défendre leur métier à l'extérieur. »
Budget de cette formation : 70 000 euros pour le montage du projet et 20 000 euros par session (11 ont été organisées jusqu'à présent), soit près de 300 000 euros déjà investis.
« L'un des arguments qui m'a frappée est que les produits phytosanitaires offrent des réponses à de nombreuses maladies », témoigne Corinne Vanthuyne, la responsable du site logistique, qui a suivi l'une des 11 séances. Pour le moment, ce sont les salariés hors usines qui ont pu bénéficier de cette initiative (850 sur 1 200). En 2009, les 500 salariés des deux sites de production (Villefranche-sur-Saône dans le Rhône et Marle-sur-Serre dans l'Aisne) seront invités à y participer lors de six nouvelles sessions. .

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