Barack Obama prône lui aussi la réindustrialisation
Par Stéphan Julienne - Publié le
Il n'y a pas qu'en France que le soutien à l'industrie nationale suscite réflexions et propositions de la classe politique. Dans son discours de l'union prononcé hier soir, mardi 24 janvier, le président américain a vanté les mérites du "Made in America" pour soutenir l'emploi et l'économie du pays. Avec plusieurs mesures fortes à la clé.
Toujours aussi décontracté, toujours aussi charismatique, Barack Obama a prononcé pendant un peu plus d'une heure son nouveau discours de politique générale, devant les membres du Congrès, à Washington. Un discours axé sur la nécessaire relance économique aux Etats-Unis, dans un climat de crise, face à une économie du service dominante, face une concurrence de plus en plus menaçante de la Chine. Et à quelques mois aussi de l'échéance présidentielle…
"Aujourd'hui, il devient plus onéreux de faire des affaires dans des endroits comme la Chine", a notamment fait remarquer Barack Obama. "Nous avons une occasion extraordinaire, à l'heure actuelle de ramener les emplois manufacturiers au pays."
Un credo d'autant plus important pour le président américain, candidat à sa propre succession en novembre, que pour lui les Etats-Unis sont "de plus en plus forts". "Nous ne reviendrons pas à une économie affaiblie par les délocalisations, les mauvaises dettes, les profits financiers bâtis sur la triche", a notamment prévenu le président démocrate. "Ce soir, je veux (...) présenter les plans d'une économie bâtie pour durer."
Et parmi les mesures et objectifs énoncés par Barack Obama, on retiendra en particulier ceux-ci :
- une disparition des avantages fiscaux pour les entreprises qui délocalisent et, au contraire, la création d'un crédit d'impôt pour celles qui privilégient la production sur le sol américain.
Barack Obama - "Aujourd'hui, les entreprises obtiennent des réductions d'impôt lorsqu'elles délocalisent les emplois et les profits à l'étranger. Dans le même temps, celles qui choisissent de rester en Amérique sont frappées par l'un des taux d'imposition les plus forts au monde. Cela n'a aucun sens (...) alors changeons cela"
- des incitations fiscales en faveur des énergies renouvelables et la suppression des subventions à l'industrie pétrolière.
Barack Obama - "Il n'y a pas de raison que le Congrès ne fixe pas au moins des critères en matière d'énergies vertes qui créent un marché pour l'innovation". "Je ne vais pas céder les industries solaires, éoliennes et des batteries électriques à la Chine ou à l'Allemagne sous prétexte que nous refusons de nous engager dans le même sens. (…) Cela fait un siècle que nous subventionnons les compagnies pétrolières, cela suffit !"
- un combat contre le piratage d'origine chinoise et la concurrence jugée déloyale de la Chine, ainsi que la création à cette occasion du "Trade enforcement unit", un organisme chargé de traquer dans le monde entier les pratiques commerciales douteuses.
Barack Obama - "Il n'est pas juste qu'un pays laisse pirater nos films, nos disques et nos logiciels. Il n'est pas juste que des industriels étrangers aient l'avantage sur nous parce qu'ils sont lourdement subventionnés. Je ne resterai pas les bras croisés si nos concurrents ne respectent pas les règles du jeu."
Vidéo - Discours de l'Union de Barack Obama du 24 janvier 2012

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