Barack Obama promet « un nouveau siècle américain » devant le Congrès
Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Ce n'était pas un discours de l'Union mais cela y ressemblait fortement. Le président américain Barack Obama a tenu mardi 24 février son premier discours de 50 minutes devant le Congrès et est revenu sur les principales mesures de sa politique.
« Ce soir je veux que tous les Américains sachent ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous rétablir et les Etats-Unis d'Amérique en sortiront plus forts qu'auparavant », a déclaré le Président américain, tentant de rassurer les citoyens qui pensent en majorité qu'il faudra des années pour sortir de la crise.Les finances au premier plan
Barack Obama a réitéré son engagement à réduire de moitié le déficit budgétaire qui pourrait atteindre 1 500 milliards de dollars cette année, au cours du premier mandat, soit avant 2013. Mais le Président voit plus loin et table un budget étalé sur dix ans. « Nous avons déjà répertorié 2 000 milliards de dollars d'économies possibles sur dix ans », explique-t-il. Des économies trouvées dans des programmes qu'il juge « inutiles ou inopérants, comme les programmes éducatifs qui ne marchent pas ».
Quant au secteur bancaire, au cœur du déclenchement de la crise, le Président a affirmé que « ce n'est plus une source d'inquiétude » et a sollicité le Congrès pour réformer un « système de régulation dépassé ». Il a promis de relancer les prêts bancaires pour redresser l'économie et a même proposé la création d'un fonds destiné à financer des prêts aux consommateurs mais surtout aux petites et moyennes entreprises.
Le Président s'en est aussi pris aux « 2% de nantis », pour qui les allégements fiscaux devraient être supprimés.
Changements en cascade
Le Président s'est engagé à soutenir une nouvelle industrie automobile, équipée sur de nouveaux outils et qui puisse être compétitive. Il est revenu sur les origines de la filière, rappelant que « le pays qui a inventé l'automobile ne peut l'abandonner ».
Tranchant avec la politique de son prédécesseur, George W.Bush, qui avait refusé de signer le traité de Kyoto, Barack Obama a réaffirmé son engagement dans les politiques de développement des énergies renouvelables et des nouvelles technologies.
« Je demande au Congrès de me transmettre une loi qui institue des quotas sur les émissions de gaz carbonique fondés sur le marché et qui encourage la production d'énergies renouvelables », a réclamé le Président.
Sur la réforme du système de santé, un sujet sensible aux Etats-Unis, le Président, élu sur des promesses de changement, a proposé des réformes à tous les bords politiques représentés. « La réforme de l'assurance santé ne peut pas attendre, ne doit pas attendre et n'attendra pas », a -t-il expliqué. Il a proposé une nouvelle commission sur ce sujet et la création de comptes d'épargne privée non taxés pour les salariés préparant leur retraite, un sujet important pour les républicains.
«Ne pas agir coûterait encore plus cher à l'économie américaine»
Autant de mesures qui vont requérir des ressources et des « sacrifices importants » du gouvernement fédéral et des citoyens. Réaliste, il ne cache pas que les temps sont durs et que les difficultés sont présentes. Mais le président assure que « ne pas agir coûterait encore plus cher à l'économie américaine » et promet de construire « un nouveau siècle américain ».
Le premier budget pour l'année 2010 sera présenté le jeudi 26 février. Pour l'heure, Barack Obama peut compter sur le soutien du peuple américain qui approuve son action à 68% selon un sondage du Washington Post et ABC, mais aussi sur un Congrès qui mardi soir l'ovationnait et l'applaudissait d'une seule voix.
Barbara Leblanc
En savoir plus
Vidéo du discours de Barack Obama
"Le début de la fin de la crise" par Barack Obama (18/02/2009)

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