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Barack Obama fait son "new deal"

Par Solène Davesne - Publié le
Barack Obama
© United States Government Work

  Le plan de 447 milliards de dollars présenté par Barack Obama prolonge des mesures de soutien aux ménages déjà existantes et lance une politique de grands travaux inspirée du New deal de Roosevelt.

Barack Obama a frappé fort mais avait-il vraiment le choix ? Confronté à un taux de chômage historique, le président américain a présenté hier, jeudi 8 septembre, devant le Congrès un "American jobs Act" impressionnant. Il comprend 447 milliards de dollars de soutien à l’économie et à la création d’emploi, un montant supérieur aux estimations des analystes politiques.

Pour relancer la croissance, Barack Obama reprend les recettes du "new deal" de Roosevelt : mener une politique de grands travaux et investir dans les infrastructures. Au total, l’administration prévoit d’investir 105 milliards de dollars dans ce domaine. 50 milliards de dollars devraient être investis dans la modernisation d’infrastructures de transport, en particulier des aéroports et du système de contrôle aérien.

En parallèle,  une banque d’une banque d’infrastructure, financée à hauteur de 10 milliards de dollars par l’Etat fédéral devrait permettre de produire un effet de levier en mettant à contribution le secteur privé. Des fonds doivent aussi permettre de moderniser 35 000 écoles, de réhabiliter les habitations abandonnées après avoir été saisies par les banques et de renforcer l’accès au haut débit sur tout le territoire.

"C’est un vrai baby "new deal". Ce plan va permettre de remettre au travail tous les employés du secteur de la construction, qui est incapable de repartir sans le soutien de l’Etat", se félicite Alexandra Estiot, économiste à BNP Paribas. Le marasme du secteur de la construction reste l’un des principaux handicaps de l’économie américaine.

Un volet PME plus restreint

"L’industrie en comparaison se porte bien. La production manufacturière est supérieure de 14 % à son pic d’avant crise alors que l’économie dans son ensemble n’a pas rattrapé tout le terrain perdu depuis 2008", souligne encore Alexandra Estiot.

En dehors de ce secteur, la moitié des 447 milliards de dollars du plan Obama concerne la poursuite de mesures de soutien aux revenus des ménages déjà existantes. Le président américain a ainsi prévu de prolonger l’indemnisation du chômage de longue durée, porté à 99 semaines contre 26 semaines en temps normal, et des exonérations de cotisations sociales pour les salariés pour 2012. Deux mesures qui devraient couter 224 milliards de dollars.

"Si ces mesures de soutien aux ménages n’avaient pas été prolongées, la consommation aurait plongé au premier trimestre 2012", souligne Alexandra Estiot, qui estime les mesures de soutien à prés de 1,3 % du PIB américain. Contraints de se désendetter alors que les salaires stagnent et le chômage reste élevé, les ménages américains sont depuis 2009 au bord de l’asphyxie.

Or la consommation reste le principal moteur de la croissance américaine. "Sans le prolongement de ces mesures, le risque était de voir les Etats-Unis tomber à 0,8 %" de croissance en 2012, estime Rudy Narvas, économiste de la Société générale.

Le volet concernant les PME est plus restreint. Le plan propose de renforcer les exonérations de charges patronales déjà existantes pour les entreprises (les cotisations patronales étant réduites à 3,1 % du salaire contre 4,2 % actuellement) et de prolonger l’exonération complète des dépenses d’investissements productifs pour 70 milliards de dollars.

"Si par miracle l’ensemble de ces mesures étaient adoptés, cela pourrait apporté 1,6 point de PIB supplémentaires à l’économie américaine et porter la croissance au dessus des 3 %" pour 2012, s’enthousiasme la Société générale, qui retient une prévision plus prudente de 1,8 % pour l’an prochain. Mais l’adoption du plan en l’état reste la grande inconnue. Après le débat houleux sur la dette cet été entre Républicains et Démocrates à la chambre des représentations, les chances sont faibles pour Barack Obama de réussir à faire passer l’intégralité de son "American Jobs act".

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