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Banque de Brics

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Banque de Brics © D.R. - BRICS

Ce sera sa première grande sortie officielle. Le nouveau président chinois Xi Jinping sera l’une des vedettes du sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à Durban, les 25 et 26 mars. Auparavant, il aura fait un court détour par Moscou, signe d’un possible rapprochement sino-russe qui inquiète déjà l’Occident et le Japon. En attendant, dans le grand port du KwaZulu-Natal, vont se retrouver les leaders de ces cinq pays qui représentent 43% de la population et 18% de la richesse mondiales. Peu de choses rapprochent les membres de ce quintet bigarré et leurs modèles économiques, sinon leur conviction que l’Occident – l’Europe surtout – a son avenir derrière lui et leur volonté farouche de peser davantage dans les affaires du monde. En cette fin d’été austral, ce sommet, le cinquième (le troisième avec l’Afrique du Sud) débouchera sans doute comme les autres sur une longue déclaration assez ennuyeuse.

Il y sera question de la crise sans fin de l’Europe (peut-être même de Chypre) ou des craintes que font peser sur l’équilibre de change les flots monétaires générés par les États-Unis ou le Japon pour relancer leurs économies. Sans doute mentionnera-t-on aussi la Syrie (surtout pas d’intervention !), le terrorisme et quand même l’Afrique. Mais au-delà des exercices convenus, pour la première fois, ce club des cinq doit passer aux travaux pratiques. L’enjeu de Durban sera la mise en œuvre d’une idée déjà lancée : la fameuse Banque des Brics. Pour cela, les cinq pays multiplient depuis un an les rencontres ministérielles. Avec quelques fuites. Ainsi, le capital de cette banque serait, à terme, de 50 milliards de dollars avec un volant de prêts de 90 à 120 milliards, un chiffre plutôt respectable (celui de la Banque mondiale atteint 30 milliards de dollars par an). Le capital pourrait même être ouvert à d’autres pays (Turquie, Indonésie, Mexique…).

Sa mission : accorder des prêts à ses membres ou d’autres émergents dans les infrastructures ou l’énergie. Énormément d’obstacles seront à surmonter avant d’en arriver là, avec des sujets épineux comme le choix des devises (le yuan ?), l’organisation de l’institution, sans parler du siège (le Sud-Africain Zuma plaidera pour son pays). Autre point délicat : il existe déjà pléthore de banques de développement, une vingtaine au total (Afrique, Asie, Europe, Andes, islamique…) sans oublier la Banque mondiale, de loin la plus imposante. Mais les Brics veulent avant tout affirmer leur rang et faire entendre leur frustration devant la lenteur des institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et FMI) à leur accorder plus de place. Dans ce monde où les relations "Sud-Sud" dans les investissements ou le commerce (un quart des échanges mondiaux) enflent sans cesse, plus que d’une banque, c’est évidemment d’un symbole qu’il s’agit.

Pierre-Olivier Rouaud

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