"Baisser les charges, aucun patron n'est contre"
Par Cécile Maillard - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3271A Chartres, chaque semaine, L'Usine Nouvelle teste les principales idées des candidats auprès des salariés de l'Industrie.
Vent glacial dans les ruelles de Chartres. "L'Écho Républicain", le quotidien local, titre sur Ipsen, laboratoire pharmaceutique de Dreux dont un médicament phare ne sera plus remboursé. Un coup dur pour le site, à vendre depuis cet été. "Tout le monde n'a pas la chance de Lejaby", ironise le marchand de journaux.
Ce sentiment, Philippe Séné le connaît. Directeur de Maflow, un équipementier automobile, son usine vient d'être reprise par un groupe polonais mais il doit se battre chaque jour pour alimenter ses chaînes... Comme d'autres, il a entendu le président de la République annoncer la mise en place d'une TVA sociale. "C'est surtout histoire de faire des effets d'annonce..." La priorité, pour lui, serait d'harmoniser les charges au niveau européen.
Tous les industriels attendent d'avoir des précisions pour savoir ce qu'ils feront des sommes dégagées. À la tête de FMC, sous-traitant en usinage mécanique de 10 salariés, Eugène Nzouadjeu Yota, membre du Medef local, se dit satisfait de la mesure, mais aurait aimé qu'elle aille encore plus loin. "Le coût de travail, c'est presque la moitié de mon chiffre d'affaires. Augmenter la TVA de 4 points, cela aurait été plus efficace plus rapidement !"
A quelques centaines de mètres de là, dans un "jardin d'entreprises" entre ville et campagne, le PDG de Lorillard, entreprise de 750 personnes et fabricant de fenêtres, n'accorde pas tellement d'importance à la mesure. "Le coût de la main-d'oeuvre est plus élevé en France, reconnaît Loïc Bréhu, mais chez Lorillard, on a beaucoup automatisé. En plus, je ne fais pas d'export et je suis peu en concurrence avec les pays à bas salaires. Le coût horaire du travail me touche guère..."
Quant à la hausse de la TVA, "je ne suis pas fiscaliste, je ne sais pas quel en sera l'impact". "Baisser les charges, aucun patron n'est contre !", corrige Jean-Marc Gélin, dirigeant de Futurol Industrie, un spécialiste des volets roulants (400 salariés). Ses paroles résument bien l'état d'esprit général : les économies, c'est toujours bon à prendre. Mais pas toujours l'essentiel.
"On paie trop de charges, mais on a d'autres problèmes, notamment sur le recrutement ou en droit social", poursuit le dirigeant. Il aimerait surtout être exonéré des cotisations sur les 25 emplois qu'il vient de sauver en rachetant un fournisseur. "Pendant six mois, un an, le temps que je redresse la boîte."

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