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AZF : six ans après, quels risques industriels ?

Le 21 septembre 2007 par Rédaction L'Usine Nouvelle
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Le 21 septembre 2001, l'usine chimique de Toulouse explosait. Loïc Buffard, chef de service régional à la Drire Midi-Pyrénées, tire les leçons de l'une des plus importantes catastrophes industrielles françaises.

Le 21 septembre 2001 explosait à Toulouse l'usine chimique d'AZF, causant la mort de 30 personnes et en blessant 5000 autres. Loïc Buffard, chef du service régional de l'Environnement industriel à la Drire Midi-Pyrénées, revient sur la plus importante catastrophe industrielle française de ces dernières années.

Usinenouvelle.com. : Quelles leçons tirez-vous de la catastrophe industrielle d'AZF ?
Loïc Buffard :  AZF a permis d'accélérer la prise de conscience du législateur sur la nécessité de moderniser les dispositifs en matière de risques industriels. Ainsi est née la loi du 30 juillet 2003 qui impose les plans de prévention des risques technologiques (PPRT). Ils ont pour objectif d'évaluer l'amplitude possible d'un accident industriel autour d'un site et d'en déduire une carte des zones non constructibles. Les PPRT peuvent le cas échéant donner lieu à des expropriations.


Quel est aujourd'hui l'élément le plus déterminant pour prévenir ce type d'accident ?
Il s'agit plus d'une chaîne de facteurs que d'un élément isolé sur lequel toute la responsabilité peut-être rejetée en cas d'accident. De l'implication des salariés aux contrôles des productions en passant par la conception des installations, toutes ces étapes sont responsables de la bonne gestion du risque industriel.  


Un autre AZF est-il possible six ans après ?
Si l'on veut parler d'explosion d'une usine d'engrais, non ! Car il n'y a en a plus dans la région. Si l'on veut parler plus généralement d'une catastrophe de cette ampleur, le risque zéro n'existe pas. Le problème aujourd'hui est la disparition progressive de la culture du risque à mesure que progresse la technicité des installations. La conscience du risque doit être permanente et réfléchie, car la modernité ne constitue pas un bouclier infaillible. C'est dans cette voie que nous progresserons pour arriver à une maîtrise des risques industriels, plus qu'à une éradication.


Propos recueillis par Philippe Roger
A lire aussi dans l'Usine Nouvelle N°3068
du 13 au 19 septembre 2007
« Risques industriels : dans les coulisses de l'inspection », p. 95
« Toulouse redessine son paysage industriel », p. 49

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