Avtovaz : la filiale de Renault en pleine confusion
Le 10 août 2009 par Barbara Leblanc
Depuis fin juillet, c’est la crise chez Avtovaz, en Russie.
Le constructeur automobile russe, dont le groupe Renault détient 25% du capital, a suspendu pendant un mois la production de son usine de Togliatti, avec pour objectif de diminuer les stocks de véhicules invendus qui s’entassent. Une période au cours de laquelle les salariés du groupe doivent percevoir deux tiers de leur salaire. A partir de septembre et jusqu’en février, la semaine de travail devrait être réduite à 20 heures, les salaires suivant la même tendance baissière. Une tentative de résister à la crise.
En effet, le fabricant de la Lada connaît de graves difficultés dans un marché russe en recul de 50% et sous l’effet de la baisse du rouble. Sur cinq mois, les ventes du groupe se sont effondrées de 45%. Le groupe est lourdement endetté (563 millions d’euros) et a reçu un prêt d’urgence du Kremlin de 550 millions d’euros.
Il a même été suspecté de vouloir licencier 27 691 emplois, information aussitôt démentie. Reste que la population de Togliatti et les salariés du groupe réclament « la nationalisation de l’usine, le contrôle des ouvriers sur la direction et le droit d’annuler les décisions de la direction », selon le chef du syndicat indépendant de l’Unité, Piotr Zolotariov. Ils soutiennent que la crise au sein du groupe repose essentiellement sur la mauvaise gestion des managers actuels
De son côté, le constructeur Renault a confirmé son soutien à l’entreprise russe, assurant que « la Russie et l’alliance avec Avtovaz étaient toujours une opportunité stratégique ».
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3 réactions
Archange 50 | 12/08/2009 - 08H57
Effectivement nous ne devons jamais placer un financier à la tête d’une entreprise, les conséquences en sont toujours dramatiques pour l’entreprise. Nous pouvons d’ailleurs le vérifier « à sa juste valeur » actuellement.
Une entreprise doit toujours être pilotée par un homme de métier. C’est lui qui fort de sons savoir faire, détermine les orientations, la recherche et l’investissement. Le financier doit vérifier les faisabilités et rendre compte au Sachant.
En ce qui concerne l’investissement dans un groupe tel que LADA, je dirais que l’idée est bonne dans la mesure où il y a visiblement complémentarité. Chacun est en mesure d’en tirer partie (Gagnant, Gagnant). Maintenant il s’agit d’une stratégie à long ou moyen terme, mais certainement pas à court terme.
Par conséquent si les deux parties savent valoriser leur complémentarité et leur savoir faire, le résultat sera très probablement positif.
nep | 11/08/2009 - 17H17
bah, il fallait vraiment la vista d'un ghosn pour investir précisément à ce moment dans une usine de brouettes soviétiques.
ces costs killers, faudrait pas les sortir de leur petits fichiers excel!
LADAinfo | 10/08/2009 - 16H47
Précisons tout de même qu'AvtoVAZ n'est pas le seul en Russie à souffrir de la crise. En sept mois, le marché automobile russe dans son ensemble s'est en effet écroulé de -54% ! Là où, dans le même temps, AvtoVAZ n'a reculé "que" de -43,9%. Les pertes financières sont par ailleurs encore loin d'égaler celles de certains autres "grands" constructeurs. Renault par exemple a perdu 2,712 milliards € au cours du seul 1er semestre 2009 !!! Quant à la manifestation appelant à la nationalisation du groupe, elle a rassemblé jeudi quelques 1500 personnes. Togliatti comptant une population d'environ 800.000 habitants (dont plus de 110.000 employés directement par AvtoVAZ), on ne peut vraiment pas parler de forte mobilisation...

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