Avec ses déchets, Cray Valley réduit ses coûts
Le 14 janvier 2010 par Agathe Remoué | L'Usine Nouvelle n° 3175En recyclant ses solvants, puis en confiant à un expert extérieur la mission de valoriser ses autres déchets, le site de Villers-Saint-Paul a amélioré ses comptes.
Surveiller ses déchets, ça paie. « En travaillant sur les solvants, nous avons obtenu une économie annuelle de 1 million d'euros », se réjouit Christian Lasseur, le directeur du site de Villers-Saint-Paul (Oise) de Cray Valley. L'équipe avait commencé par s'attaquer à la gestion des effluents de la production. Pour ce fabricant de résines, la plaie, ce sont les solvants, le toluène et l'heptane. Au départ, le toluène, notamment, était utilisé trois ou quatre fois en production, puis envoyé à l'incinération. Les ingénieurs ont revu à la baisse les quantités nécessaires et poussé le nombre de réutilisations possibles. Ils ont ensuite identifié un prestataire pour le traiter, le distiller puis leur revendre le produit recyclé... bien moins cher que le produit neuf. Résultat : environ 85 % des solvants - 3 000 à 4 000 tonnes par an - sont aujourd'hui réutilisés sur le site.
Pour gérer les autres déchets dangereux, Christian Lasseur préfère recourir à un oeil extérieur : Bruno Costes, un expert en gestion des déchets pour le cabinet ERA, et spécialiste en réduction des coûts. Entre les fûts qui ont servi à l'acheminement des produits, les autres effluents de production, les produits issus de nettoyage... ce ne sont pas loin de 1 000 tonnes qui restent à gérer chaque année.
UN DÉCHET A UNE VALEUR
Premières missions du cabinet : évaluer tous les déchets, éplucher les déclarations à l'administration, décortiquer les factures, identifier les filières de récupération choisies... « Cette étape peut prendre de deux à quatre mois », signale Bruno Costes. Avec, parfois, des surprises pour les commanditaires, qui ne connaissent pas toujours bien leurs déchets ni même, dans certains cas, la réglementation. Ce n'est évidemment pas le cas d'un site Seveso comme celui de Villers-Saint-Paul. Mais les prestataires de Cray Valley ont un autre rôle à jouer : « Pour nous, un déchet a une valeur qu'il faut savoir évaluer et extraire, commente Bruno Costes. En jeter certains, c'est parfois comme jeter des billets de banque à la poubelle », martèle l'expert. Il commence par faire vendre une partie des 20 000 fûts, qui transitent chaque année sur le site, à des sociétés qui les traitent pour les remettre en exploitation.
Puis, il s'attaque aux déchets incinérés. Et constate que, dans les déchets ultimes, certains - contenant des solvants - ont un fort contenu calorifique, intéressants pour l'incinération. Et les autres non. Si on sépare ces deux gisements, le repreneur obtient directement des produits plus intéressants pour lui... « Il faut seulement organiser le tri sur le site », signale Christian Lasseur.
Enfin, l'expert a aussi constaté que l'usine avait un seul repreneur pour ses déchets incinérés. En sélectionner un second a permis de diminuer le risque de se retrouver sans prestataire pour les déchets dangereux. Avec, au passage, une diminution des coûts de 20 %

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