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L'Usine Aéro

Avec la constellation Oneweb, les satellites seront produits à la chaîne

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

L'opérateur OneWeb et Airbus veulent produire jusqu'à trois satellites par jour. Dans leur usine prototype de Toulouse, tout est optimisé pour atteindre les cadences et un coût de production unitaire inférieur au million d'euros.   

Avec la constellation Oneweb, les satellites seront produits à la chaîne
L'opérateur OneWeb et Airbus ont inauguré à Toulouse leur nouvelle ligne de production en série de satellites.
© DOMINIQUE ESKENAZI 06 08 16 86 17

Pour relever le défi des constellations visant à mettre des centaines de satellites en orbite, le secteur spatial s'apprête à vivre une véritable révolution industrielle. "En rythme de croisière, nous allons produire 15 satellites par semaine. Ils seront envoyés par grappe d'une trentaine toutes les trois semaines", s'est félicité Eric Béranger patron de l'opérateur OneWeb ce mardi 27 juin.

Des propos tenus à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle unité de production située à Toulouse dans l'usine d'Airbus Defence & Space. Des cadences de production et de lancement jamais vues dans un secteur habitué jusqu'ici au sur-mesure et où chaque satellite est quasiment un exemplaire unique.

des tournevis programmables et géolocalisés 

Pour OneWeb, le temps presse. Pour apporter des services Internet sur toute la surface du globe, l'opérateur de télécommunications veut déployer en orbite basse près de 650 satellites et les premiers d'ici neuf mois. Pour tenir les délais, OneWeb Satellites, société commune de OneWeb et de la filiale d'Airbus, va d'abord tester son nouveau système de production en série. La ligne prototype doit produire les 10 premiers exemplaires de la future constellation et surtout débugger le nouveau processus de production.

Tout a été conçu pour produire vite et bien du premier coup des satellites d'environ 150 kilos et de la taille d'une machine à laver. Dans la salle blanche de 4600 m2, les tâches sont largement automatisées, et réparties dans une trentaine d'îlots. Au début de la chaîne, la vingtaine d'opérateurs assemble les grands équipements: la propulsion, la charge utile, les panneaux solaires, l'avionique.

Des chariots autonomes

Pour chacune de ces étapes, les opérateurs sont équipés d'outils dits intelligents comme des tournevis programmables et paramétrables avec le couple de serrage adapté à chaque opération. Ils sont assistés par un écran informatique qui affiche en 3D les tâches à réaliser. Au-dessus de leur tête, un système de caméra équipé de lasers géolocalise automatiquement les outillages et équipements et alerte instantanément les opérateurs s'ils sont mal positionnés.

Plus loin dans la chaîne, un cobot aide les techniciens à positionner la batterie du satellite qui pèse plus de 3 kilos avec la plus grande précision pour éviter d'abîmer les antennes. Une fois assemblé, chaque sous-ensemble est photographié automatiquement par une camera située au dessus des postes de travail. Le cliché est ensuite comparé avec le modèle de référence pour détecter les éventuelles anomalies. Chacun des sous-ensembles est transporté vers la ligne d'assemblage finale par des chariots autonomes directement guidés par le marquage au sol.       

S'inspirer de l'industrie automobile

Pour baisser le coût de production de ses satellites, OneWeb Satellites et son client ont travaillé avec leurs fournisseurs selon le mode de l'ingénierie collaborative. Il s'agit de partager très en amont les spécifications et les marges techniques de chacun pour trouver le compromis le plus efficace.

Par ailleurs, OneWeb Satellites a fait appel à des acteurs industriels comme Actia, spécialiste de l'électronique automobile qui lui apporte son expertise de la production en grandes séries à bas coût. L'objectif est ambitieux: atteindre un coût de production inférieur au million d'euros quand les satellites traditionnels, certes plus volumineux et complexes à produire, coûtent plus de 100 millions d'euros pièce!

Un pari commercial et technologique

Une fois les dix premiers satellites produits et les process de fabrication rodés, l'usine de Toulouse passera le relais à sa sœur jumelle en Floride qui assurera la fabrication en série avec une capacité de production de deux exemplaires par jour. Toulouse croisera les doigts en espérant trouver de nouveaux partenaires au-delà de OneWeb.

Parmi les pistes espérées: les balises Argos, les récepteurs AIS de positionnement des navires, le marché de la connectivité M2M (machine to machine), les satellites d'observation de la Terre avec un fort taux de revisite. Mais pour l'instant, rien n'est signé. Le marché des constellations restent un pari technologique et commercial. L'opérateur OneWeb a déjà levé 1,7 milliard de dollars pour financer son réseau en orbite basse. Son déploiement sera suivi de près par les investisseurs et pourra conditionner leur participation à ces nouvelles aventures spatiales.

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