"Avec eGo, Gemalto met le grand digital à la portée de tous"
Par Barbara Leblanc - Publié le
Gemalto, spécialiste dans la sécurité numérique, a décroché le trophée Sésames IT Sécurity grâce à sa dernière innovation : eGo. Pour l’occasion, Alain Rhelimi, scientifique chez Gemalto et Xavier Larduinat, responsable au sein du groupe, ont présenté ce projet mis en avant au salon Cartes & Identification
Quelle est la particularité d’eGo ?
Cette innovation a été mise au point à partir d’une carte mémoire. Son originalité repose sur le fait qu’elle permet de se connecter à distance à un objet. Concrètement, eGo est une puce qui se place dans un objet, comme une montre, un bijou ou une ceinture, et qui permet de se connecter à un autre objet. On peut par exemple ouvrir une porte sans à avoir à tourner la poignée, ou se connecter à un ordinateur uniquement en touchant la souris. Il suffit seulement que l’objet touché soit équipé d’une technologie eGo. C’est un système très intuitif, qui facilite l’accès aux services basés sur les droits d’utilisation. Cette innovation supprime la nécessité d'entrer un nom d'utilisateur/ mot de passe pour réaliser des actions dans un système numérique.
Comment est né ce projet ?
En 2003, après la lecture du livre La nuit des temps. Un livre dans lequel le héros avait une bague qui lui permettait de tout faire. eGo, c’est aussi la racine latine de moi. Ou ce que vous touchez est à vous !
Justement, comment s’approprie-t-on les objets ?
Par une connexion qui passe par le corps. Le corps entier est un canal de communication entre les deux objets. Il suffit que l’espace entre les deux objets (celui porté et celui touché) soit de 10 cm au moins. Une fois la connexion établie par le toucher, l’échange de données se fait donc sans fil. Le toucher fait tout le travail.
Quel est le degré de sécurité d’un tel système ?
Il est total. C’est l’objet porté qui contient toutes les données sécurisées. Par ailleurs, Gemalto travaille beaucoup sur la biométrie, si bien que eGo peut être équipé d’un capteur d’empreintes chargé de s’assurer que c’est bien l’utilisateur est bien le bon. Et si vous perdez votre eGo, toutes vos données sont protégées. Le tout sans aucun danger pour la santé, puisque eGo est un capteur qui n’émet pas. Le système répond aux mêmes techniques que celle du toucher de plaques vitrocéramiques ou d’écran tactiles d’Iphone.
A quel type d’applications eGo est-il destiné ?
Ce système peut être très intéressant pour les non-voyants, qui par exemple n’auraient plus à chercher la poignée d’une porte si elle est équipée de cette technologie. Dans le milieu des hôpitaux, un tel produit est très attendu. En effet, un hôpital est un lieu où la question du partage de l’espace est essentielle. Le public et le personnel ne doivent pas avoir accès aux mêmes lieux. Si le personnel était équipé d’eGo, il n’aurait plus à toucher les portes, ce qui est aussi un avantage en matière de sécurité sanitaire. Il y a aussi des opportunités de développement dans le domaine automobile pour l’ouverture des portes de votre voiture ou dans la téléphonie avec le remplacement des cartes à puce.
Justement, les fabricants de ces produits sont-ils prêts à accueillir un tel système ?
Pas encore, mais nous y travaillons ensemble. eGo fait partie d’un écosystème européen plus global, CATRENE, qui regroupe plusieurs entreprises de secteurs différents. Par exemple, l’équipementier Continental a déjà fait savoir son intérêt pour eGo et travaille avec nous pour pouvoir le développer dans son secteur. Et les entreprises sont nombreuses à vouloir entrer dans le monde digital sans à avoir recours à un lecteur de cartes, ce qui est vraiment positif pour Gemalto.
A quelle date est prévu son lancement ?
Justement, les entreprises intéressées ont connaissance du projet maintenant. Nous nous donnons donc deux ans pour les premières commercialisations, pour attirer de nouvelles industries vers le grand digital et le mettre à la portée de tous. Et qui sait, peut-être que nous remplacerons toutes les clés de voiture par des systèmes eGo !

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