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Automatiser malin

Le 23 septembre 2009 | L'Usine Nouvelle n° 3161
STMO
© Pascal Guittet pour "L'Usine Nouvelle"

Les cellules flexibles d’usinage ne datent pas d’hier. Ni les machines robotisées. Néanmoins, les ateliers de mécanique sont confrontés à de nouveaux besoins: fabriquer des séries de plus en plus courtes, vite et bien, souvent sans surveillance, tout en prenant en compte une complexité croissante. La quadrature du cercle? Non, si on sait choisir la bonne configuration et faire appel à des moyens de production idoines. On peut ainsi installer un système packagé, une machine palettisée associée à un robot. Une solution que proposent de nombreux constructeurs comme Mazak (avec système de vision en prime), Mori Seiki, MCM, Hermle, Nodier Emag, DMG... Pour quel investissement? Les modules robotisés WH10 de ce dernier, dotés d’un robot 6 axes, qui peut porter 10kg, coûtent 73900euros l’unité. A cela s’ajoute, pour 46 900 euros, le magasin de palettes PH 150-8 qui comprend 8 places (palettes jusqu’à 150 kg).

On peut néanmoins robotiser différemment et moins cher quand les conditions dans l’atelier le permettent. « Notre espace était limité, nous avons donc fait appel à un robot polyarticulé avec un bras assez long pour alimenter trois machines », explique Jean-Pierre Lalanne, le responsable de l’unité de production Seco Tools à Bourges (Cher). Pour ceux qui ne sont pas à l’étroit, ce spécialiste conseille cependant une configuration plus économique: un robot 3 axes, qui se déplace sur un guidage linéaire devant les machines.

Choisir la modularité

Avec un avantage inestimable, la modularité, qui autorise un investissement progressif, adapté aux PME, voire à de très petites entreprises. On peut installer une première machine et ajouter ensuite, en fonction de ses besoins, d’autres équipements. Objectif: terminer la pièce. Pour un magasin de palettes et d’outils, on peut faire appel à des solutions comme celles d’Erowa, de System 3R ou de Fastems. Ce dernier propose une commande conviviale, la Fastwizard, qui simplifie l’introduction de nouvelles pièces dans la cellule de production robotisée. Pour ceux qui cherchent un interlocuteur unique, les constructeurs de machines-outils proposent, eux aussi, des solutions de stockage de ce type.

A ne pas oublier, le contrôle en ligne, désormais possible grâce à des machines à mesurer tridimensionnelles (MMT) durcies. Comme la DuraMax de Zeiss par exemple. Le projet de SMTO est, à ce titre, un bon cas d’école. Son PDG, Bruno Jeauneau, prévoit ainsi d’ajouter aux trois fraiseuses robotisées existantes, une machine à mesurer de ce type et une machine d’électroérosion. Les électrodes usinées à grande vitesse seront contrôlées par la MMT et passeront directement sur la machine d’électroérosion pour fabriquer l’empreinte du moule.

Maîtriser la complexité

A condition de faire attention à l’assistance qu’apportera au projet le fournisseur des équipements, car il s’agit de solutions complexes. « J’ai passé beaucoup de temps avec mes collaborateurs pour trouver les réponses à nos questions », regrette Bruno Jeauneau. En cause Röders, le constructeur de machines à la pointe de l’usinage, qui manque de support technique adéquat en France. Une fois leur complexité maîtrisée, ces installations infatigables assurent une réduction des coûts horaires, différente d’un cas à l’autre, qui approche, voire dépasse les 50%. « Il n’y a que le manque d’encouragement que les donneurs d’ordres accordent aux petits ateliers de mécanique à la pointe de l’usinage qui nous chagrine », soupire Bruno Jeauneau…

SMTO allie flexibilité et autonomie

Visionnaire, Bruno Jeauneau, le PDG de la société moules techniques de l’ouest (SMTO). Le responsable de cette petite entreprise, qui fabrique des outillages complexes pour l’automobile, la cosmétique, l’électricité, le médical, etc., construit patiemment son projet d’usinage automatisé dans un atelier situé en bordure du village Javron-les-Chapelles en Mayenne. un véritable concentré technologique, avec climatisation, insonorisation, aspiration des poussières, et même protection contre les coupures électriques...

A un premier centre d’usinage à grande vitesse robotisé Röders, installé il y a cinq ans, se sont ajoutées, fin 2008, deux autres machines du même constructeur. Ce dernier investissement (850.000 euros) permet de jongler entre complexité et précision d’usinage grâce aux machines 5 et 3 axes. un robot linéaire 3axes charge et décharge automatiquement les pièces stockées dans un magasin de 40palettes, en choisissant la machine disponible et les outils situés dans un magasin de 300 places. La programmation des usinages et la gestion des montages sont assurés par le logiciel WorkNC de sescoi. « Flexible et autonome, cette configuration réduit le coût horaire, constate Bruno Jeauneau. après neuf mois d’utilisation, nous sommes en bonne voie pour atteindre notre objectif de diviser par deux ce coût. »

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