Autodesk dans la roue de Dassault Systèmes
Par Jessy picard - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3107Le leader français de la CAO a du souci à se faire. Son concurrent américain a réussi à refaire son retard en multipliant les acquisitions au cours de ces cinq dernières années.
Autodesk - Dassault Systèmes : match nul ! La course entre les deux premiers éditeurs mondiaux de logiciels de PLM (Product Life Cycle) est très serrée. Et si le français tient le haut du pavé dans la CAO avec ses logiciels Catia et SolidWorks, l'américain n'a pas dit son dernier mot. Toutes activités confondues, il a même devancé Dassault Systèmes avec 1,475 milliard d'euros de ventes en 2007, contre 1,259 milliard d'euros de chiffre d'affaires pour son concurrent.
Dans la conception numérique, Autodesk reste derrière le français mais espère passer en tête en multipliant les acquisitions dans la 3D. Après avoir bâti son succès sur le logiciel 2D Autocad, l'éditeur américain a mis la main sur une dizaine de PMI depuis cinq ans. Robobat, Realviz, Kynogon, Alias, Maya, Revit ou Discreet sont ainsi tombées dans son escarcelle. Et depuis début mai, c'est Moldflow, une société américaine spécialisée dans la conception mécanique pour les moules de plasturgie, qui est en voie de rachat.
le californien muscle sa 3D
Conscient que l'avenir n'est plus aux planches à dessin, Autodesk souhaite sortir de sa dépendance à la 2D en musclant son offre 3D. Ambitieux, le groupe californien espère convertir ses clients historiques à cette technologie. Il a lancé une campagne sur internet en proposant le téléchargement gratuit d'une version allégée de son produit phare pour la 3D : Inventor LT.
Pour appâter ses clients, l'éditeur tente aussi de rendre le virtuel le plus réaliste possible en musclant la qualité du rendu. « Nous nous inspirons des technologies des effets spéciaux utilisées au cinéma ou dans les jeux vidéos pour générer une image plus réaliste des modèles numériques », précise Karsten Popp, le directeur Europe et Asie d'Autodesk. Le résultat est bluffant : la simulation d'un gorille, générée sous sa suite logicielle, ressemble à s'y méprendre à un reportage photo classique.
L'américain a réussi à séduire quelques grands comptes grâce à ce rendu. Chassant sur les plates-bandes de Dassault, Autodesk a convaincu Renault, la SNCF, Alstom ou encore Airbus d'utiliser ses produits. Sans délaisser pour autant son coeur de marché : les PME. Historiquement orienté vers ces petites structures, « Autodesk est très performant sur les pièces unitaires, alors que Dassault Systèmes propose de faire des maquettes numériques complètes », note Mike Evans, le directeur et fondateur du cabinet de conseil en stratégie Cambashi.
les jeux vidéo convoités
A l'inverse, Dassault Systèmes, également bousculé par PTC et Siemens PLM (UGS), tente de se frayer un chemin vers les PME et s'appuie sur sa solution SolidWorks (achetée en 1997) pour changer son image d'éditeur de logiciels haut de gamme pour grandes entreprises.
Le français ambitionne aussi de percer dans les jeux vidéo, domaine dans lequel il reste novice, en rachetant de petits concurrents. « L'heure n'est plus au développement de nouvelles technologies en interne, concède Pascal Daloz, le directeur général adjoint en charge de la stratégie et du marketing de l'éditeur francilien. Nous cherchons plutôt à intégrer des solutions techniques conçues par d'autres sociétés. » C'est d'ailleurs cette stratégie d'acquisitions qui a permis à Autodesk de se battre d'égal à égal dans la 3D avec le français. .

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