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Audrey Vernon, l’humoriste qui dézingue l’industrie et ses capitaines

Olivier James ,

Publié le

L’humour pour dénoncer les inégalités sociales et fustiger le comportement de certains grands patrons de l’industrie. C’est le créneau d’Audrey Vernon, comédienne talentueuse qui ne mâche pas ses mots… Et les porte jusque dans les usines.

Audrey Vernon, l’humoriste qui dézingue l’industrie et ses capitaines

Se trouver sous les tirs nourris des humoristes, les hommes politiques en font depuis longtemps l’expérience. Les grands patrons étaient jusque-là épargnés, comme si l’humour et l’économie étaient impossibles à mélanger. Ce manque est aujourd’hui comblé ! Audrey Vernon a trouvé la bonne recette et prouve avec son spectacle "Comment épouser un milliardaire ?" que l’on peut rire de tout, y compris, et surtout, de l’industrie. Le "one woman show" économique de cette trentenaire pétillante est pour le moins décapant.

Sur scène, l’humoriste joue l’ingénue qui cherche le prince charmant… en parcourant la liste des grandes fortunes du magazine Forbes. Un angle d’attaque qui permet de passer en revue, photo portraits à l’appui, les grands noms de l’industrie moderne. Bruno Lafont, le PDG de Lafarge, Lakhsmi Mittal, le patron d’ArcelorMittal, le milliardaire mexicain Carlos Slim, le dirigeant du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault… Elle met des visages derrière des noms qui pour certains sont méconnus du grand public. En égrenant leur place dans le petit monde des grandes fortunes, Audrey Vernon cherche à dénoncer l’accroissement des inégalités sociales. "On ne monte pas sur scène pour ne rien dire, estime la comédienne. Je mets d’ailleurs à jour mon spectacle au gré de l’actualité".

Le rythme est enlevé, la charge d’autant plus juste qu’elle est étayée de faits et de chiffres précis. Un discours excessif ? Peut-être. Mais documenté. Et qui a le grand mérite de faire naître la réflexion. La comédienne, sous ses airs de fausse légèreté, embarque son public en évoquant par exemple le montant précis de ces fortunes, en citant le prix de la tonne de cuivre ou bien encore en mentionnant le ciment Ductal de Lafarge. Le spectacle oscille dans un mouvement de balancier entre la fraicheur déconcertante de l’artiste et l’actualité économique la plus âpre. Nait peu à peu chez le spectateur un sentiment d’absurdité face à l’avalanche d’informations : le système qu’elle dénonce est celui d’une classe dirigeante détenant la plus grande partie des richesses, au détriment du plus grand nombre. "Les gens riches se sentent pauvres à la fin de mon spectacle", sourit-elle.

Marx Attacks !

D’aucuns pourraient trouver la dénonciation trop caricaturale, trop abrupte. En marge de son spectacle, Audrey Vernon n’hésite pas à proposer "un procès contre certains patrons pour les condamner pour crime contre l’humanité", à souhaiter la "nationalisation d’Apple" et à s’indigner "des pratiques sociales d’Amazon et d’Ikea". Elle remet en cause la société de consommation et en particulier la production d’objets contenant des substances toxiques. "Il y a quatre ans, les gens pensaient que mon spectacle était caricatural, admet celle qui fut aussi speakerine sur la chaîne Canal+ Décalé. Aujourd’hui, ils ne le pensent plus". Pas étonnant que l’artiste s’intéresse de près à Karl Marx, personnage pour lequel elle a également monté un autre spectacle intitulé "Marx et Jenny".

Son discours trouve un écho favorable chez les salariés de l’industrie. Loin de se cantonner à la douillette péniche parisienne qui lui sert de quartier général, dénommée La Nouvelle Seine, Audrey Vernon a fait la tournée des usines. Depuis 2011, elle investit les ateliers de production et va à la rencontre des leaders syndicaux pour jouer son spectacle devant des salariés touchés par les fermetures de sites et les plans sociaux. ArcelorMittal, mais aussi Fralib, Continental, Petroplus, VirginMegastore... Ses prestations séduisent et se retrouvent pour certaines sur internet. Le rire comme pour mieux supporter la crise économique.

"Ces salariés étaient contents de voir enfin exprimé un discours qu’ils ressentaient mais qui n’était pas verbalisé dans les médias, assène Audrey Vernon. Je crois que ce spectacle les soulage. Il exprime leur impression, leur sentiment confus d’injustice". Un rôle qu’elle endosse d’autant plus volontiers que, selon elle, "les médias ne montrent pas la réalité telle qu’elle est". Insatiable, la comédienne réfléchit à monter un spectacle cette fois-ci sur la catastrophe de Fukushima. On devine à l’avance que l’industrie nucléaire va en prendre pour son grade…

Audrey Vernon joue à La Nouvelle Seine tous les vendredis et samedi. Elle effectue de nombreuses dates en France jusqu’au mois de mai 2014.

Olivier James

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