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L'usine Agro

Au Salon de l’Agriculture, McDonald’s veut réconcilier les Français avec la viande

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Fragilisée, la filière viande peut compter sur le soutien de McDonald’s. Qui continue d’en faire le cœur de ses produits iconiques, et entend pérenniser et faire progresser la filière via des partenariats.

Au Salon de l’Agriculture, McDonald’s veut réconcilier les Français avec la viande © Pascal Guittet

Alors que les campagnes anti-viande se multiplient (mise en cause par des associations pour son empreinte environnementale, certaines pratiques d’abattage…), certains acteurs continuent d’y croire dur comme fer. C’est le cas de McDonald’s. "Nous nous sommes toujours positionnés comme un partenaire de la filière bovine, insiste Delphine Smagghe, vice-présidente achats-qualité et développement durable de McDonald’s France. A l’époque de la vache folle, nous avons  développé notre système de traçabilité qui était déjà en place, et a été repris par un grand nombre d’industriels pour faire aujourd'hui référence dans le système. Pour montrer que nous étions irréprochables sur la filière, nous avions même lancé notre plus gros sandwich : Le 280."

Chez le champion de la restauration rapide, on ne sentirait donc pas de désaffection pour la viande ? "Aujourd'hui, on trouve différentes gammes dans nos restaurants : poulet, poisson, wraps au fromage de chèvre… Mais le bœuf reste notre coeur de gamme, assure Delphine Smagghe. Nos produits iconiques sont à base de viande."

17e année de présence au Salon de l'Agriculture

Pour la dix-septième année consécutive, le géant américain s’est offert un stand au Salon de l’Agriculture. Objectif, rassurer les Français sur la provenance et le contenu de ses produits, et mettre en avant les partenariats qu’il dresse avec les filières. En France, où elle dispose de 1 400 restaurants, l’enseigne réalise plus de 70 % de ses achats au sein de l’Hexagone. Et travaille avec plus de 42 000 agriculteurs et éleveurs dans le bœuf, le poulet, la pomme de terre, le blé et la salade, pour servir deux millions de clients par jour. Pour assurer la pérennité de son approvisionnement, et offrir de la visibilité à ses fournisseurs malgré la volatilité du prix des matières premières, "nous essayons de développer des systèmes de contractualisation avec les filières : un système gagnant-gagnant", explique Delphine Smagghe. C’est le cas dans le blé depuis 2012, via des contrats pluri-annuels.

La démarche est plus complexe dans la filière bovine française. Si McDonald’s en utilise plus de 25 000 tonnes, il ne recourt pas à la partie arrière des bêtes. L’enseigne dresse donc des partenariats avec des abattoirs pour trouver des débouchés sur ces pièces.

Des produits plus premium chez le roi du fast-food

D’ici 2019, McDonald’s entend notamment tripler ses approvisionnements de steaks hachés de race charolaise, pour atteindre 6 000 tonnes par an. Objectif, alimenter sa gamme de sandwiches premium "Signature by McDonald’s" et la déployer dans tous ses restaurants, contre 500 actuellement. "Car il y a de la demande !", assure Delphine Smagghe. Fini le positionnement perçu comme low-cost de l’enseigne ? Pas vraiment. Mais elle espère séduire un nombre plus grand de consommateurs entre des produits très accessibles, avec des menus classiques autour de huit euros, et des clients plus exigeants prêts à dépenser 14 euros pour de la viande plus haut de gamme.

Avec son partenaire MoyPark Beef Orléans, McDonald’s va donc référencer de nouveaux abattoirs dans les régions d’élevage du Charolais, afin de disposer chaque année de près de 160 000 bovins charolais provenant de 9 000 élevages. Et planche plus globalement, dans le cadre de sa stratégie agroécologique, sur le bien-être animal ou l’impact environnemental, via CAP'2ER : le premier outil français d’évaluation environnementale multicritères en élevage bovin, développé avec l’Institut de l’élevage et la filière viande. Il permet de calculer l'empreinte environnementale de la production de viande et de positionner l'exploitation par rapport à des repères.

Gaëlle Fleitour

 

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