Très attendue par la communauté des entreprises, après ses déclarations fracassantes de l’été sur la famille Peugeot, Arnaud Montebourg était l’invité ce vendredi matin de la table ronde "L’entrepreneur face aux dérives de l’exception française" à l’Université d’été du MEDEF. Il apportait un message de conciliation dans la franchise.
Au Medef, le ministre du redressement productif a commencé par se garder sur sa gauche en ironisant sur les critiques de Jean-Luc Mélenchon qui a déclaré que c’était un signe de faiblesse que de venir au rassemblement annuel des patrons. "C’est sans doute pour cela que nous sommes venus nombreux" a lancé Arnaud Montebourg faisant référence à la dizaine de ministres qui ont foulé les allées du campus d’HEC depuis trois jours.
Voulant visiblement faire taire ceux qui lui reprochent de trop se préoccuper du sort des salariés sans prendre en compte la situation des entreprises il estime que "le redressement productif ne peut réussir sans une forme d’unité nationale". "On ne peut pas réussir sans se parler. Dans mon pays, la Saône et Loire, on dit "faut qu’on se cause". Et de revendiquer sa franchise, voire "ses excès verbaux" qui ne sont que la conséquence du fait que l’on mette les désaccords sur la table pour les dépasser. Et d'inviter chacun à "se donner la main".
Arnaud Montebourg a ensuite rappeler les objectifs : reconstituer une base industrielle et parvenir à l’équilibre du commerce extérieur (hors hydrocarbures). "Il faut recréer des emplois industriels, avoir de l’audace, a-t-il tonné, car un pays qui a peur est un pays qui se meurt."
Mais le ministre s’est bien gardé de se prononcer sur les projets fiscaux du gouvernement renvoyant au propos de son homologue des finances. Il s’est exprimé en revanche sur le prix de l’énergie "estimant que c’est un avantage compétitif qu’il faut garder", le coût de la protection sociale qui ne doit pas reposer sur le seul travail promettant une discussion "sur la base de l’analyse indépendante de Louis Gallois" et du haut conseil de la protection sociale.
Enfin le dernier volet a concerné la rémunération du capital dont il affirmé qu’il ne devait pas être privilégié pour fermer "des sites rentables". "Il y a une responsabilité de l’actionnaire, les salariés, ne sont pas la seule variable d’ajustement." Sur le volet concret, le ministre a rappelé sa volonté de "sanctuariser le Crédit Impôt Recherche" et son souhait "de mettre à disposition des PME le trésor" de la recherche public et des universités.
Face à une attaque violente de Pierre Bellon le fondateur de Sodexo qui a qualifié les contrats générations et les emplois d’avenir de "conneries", il a rétorqué tout en sobriété qu’il transmettrait "cette intéressante évaluation et ces termes choisis au président de la République". Comme tous les autres ministres, Arnaud Montebourg était donc là pour faire preuve d’une grande empathie avec les entrepreneurs.









