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Au FMI, la bataille de l'après-DSK a commencé

Par Ana Lutzky - Publié le
Caroline Atkinson, directrice des relations extérieures du FMI.
Caroline Atkinson, directrice des relations extérieures du FMI.
© FMI

Dominique Strauss-Kahn a été écroué lundi par une juge de New York. Une conséquence de son interpellation samedi dans une affaire d'agression sexuelle et de tentative de viol. Au FMI, des noms de possibles successeurs circulent déjà. Une bataille rangée s'annonce entre l'Europe et les BRIC, tandis que la Grèce s'inquiète d'avoir perdu un important soutien quant à l'assouplissement des conditions de son emprunt international.

Caroline Atkinson, directrice des relations extérieures du FMI, s'est exprimée hier lundi soir devant les caméras. Une prise de parole intervenue à l'issue du conseil d'administration informel du fonds consacré à Dominique Strauss-Kahn. L'institution va "suivre les événements", et n'a pris aucune décision pour le moment.

Le FMI est dans une situation inédite et complètement imprévue. Son numéro un est sous les verrous et s'expose à une procédure disciplinaire, mais il est présumé innocent. Selon la presse américaine, la décision du juge de maintenir Dominique Strauss-Kahn en détention a surpris les administrateurs du FMI, et pourrait précipiter une éventuelle procédure disciplinaire.

Des noms de sucesseurs circulent

Premier créancier au monde
Le FMI a prêté 74 milliards d'euros à la Grèce, au Portugal et à l'Irlande. Si Dominique Strauss-Kahn est mis hors-jeu, l'institution doit trouver un nouveau capitaine au premier septembre.
Déjà, les Européens ont engagé les hostilités lundi sur la possible succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI. "Dans cette phase, il y a de bonnes raisons pour dire que l'Europe a de bons candidats", a déclaré à Berlin la chancelière Angela Merkel. L'Allemagne, première économie européenne, est le plus gros contributeur aux aides accordées à la Grèce, l'Irlande et au Portugal. Elle tient à rester aux commandes. La Belgique lui a emboîté le pas. Son ministre des Finances Didier Reynders estime à Bruxelles "préférable que l'Europe continue à occuper ce poste".

Les pays émergents espèrent au contraire se placer, et casser la tradition selon laquelle la tête de la Banque mondiale revient à un américain, tandis que celle du FMI revient à un Européen. Sous la présidence de Dominique Strauss-Kahn, le FMI a d'ailleurs entrepris de se réformer vers une plus grande représentativité des pays émergents. Mais de là à leur confier la direction, le pas est de taille.

Aujourd'hui, plusieurs noms circulent. La ministre française des Finances Christine Lagarde a ainsi refusé de commenter les spéculations qui la donnent comme possible remplaçante de Dominique Strauss-Kahn au FMI, et jugé "prématuré" de débattre de la question. Outre Christine Lagarde, la presse allemande évoque l'ancien président de la banque centrale allemande Axel Weber, un temps pressenti pour présider la BCE, ou l'ancien ministre des Finances Peer Steinbrück.

Côté Asie, la division semble régner entre les différents pays qui visent le poste, Inde et Chine en tête. Aucun candidat asiatique ne paraît avoir reçu le soutien d'un pays de la région autre que le sien. Toutefois, le nom de l'ancien administrateur turc du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), Kemal Dervis, revient souvent.

La grèce inquiète

L'absence de Dominique Strauss-Kahn, architecte du plan de soutien financier à la Grèce, risque jouer contre Athènes. Le plan d'austérité au pays donne pour l'instant peu de résultats, et la Grèce ne parvient pas à atteindre les objectifs qui lui ont été fixés de réduction des déficits publics et de la dette. Sans le contrepoids français, la majorité des ministres européens pourraient faire triompher une ligne "dure". Ils estiment que le gouvernement grec ne fait pas assez d'efforts, et sont favorables à une accélérations des privatisations.

 
 

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