Au bout de leur "congé de mobilité", 500 Conti aux Prud’hommes
Par Claire Garnier (Picardie) - Publié le
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520 salariés de Continental contestent leur licenciement Après les pneumatiques, le désert ? Que sont devenus les "Conti" ? A Amiens, une route et la CGT séparent Goodyear de DunlopLe Conseil des Prud’hommes de Compiègne a commencé ce mardi 18 octobre à examiner le dossier des anciens salariés de l’usine Continental de Clairoix qui attaquent leur ancien employeur. Et ce, alors que s’approche la fin de leur "congé de mobilité" de 24 mois. Les audiences devraient se poursuivre jusqu’à jeudi.
Ils sont près de 500 ex-"Conti" à considérer, par la voix de leurs avocats, que le licenciement économique n’était "pas fondé". Ils réclament des dommages et intérêts à Continental pour "licenciement sans cause réelle et sérieuse". Ils estiment que Continental AG, la société-mère de l’usine de Clairoix basé en Allemagne, ne connaissait pas de difficultés économiques au moment de la fermeture de l’usine de Clairoix (1 113 salariés) en mars 2009. Ils affirment par ailleurs qu’à l’occasion de l’accord sur le temps de travail de 2007, Continental n’a pas respecté l’engagement de ne pas fermer le site de Clairoix. Enfin, ils révèlent que leur ancien employeur n’aurait pas respecté son "engagement" à retrouver un nouvel emploi pour 80 % des ex-salariés avec 80 % du salaire.
Le groupe Continental répond point par point aux arguments avancés par les ex-salariés de Continental et leurs avocats. Concernant la situation économique, le groupe Continental évoque la "crise exceptionnelle" du marché du pneumatique en 2008-2009. Crise qui s’est traduite par une surcapacité de production en Europe de 7,5 millions de pneus dès la mi 2008, de plus de 15 millions fin 2008 et atteignant 20,9 millions en décembre 2009. Concernant un engagement de pérennité pour l’usine Clairoix, le groupe affirme n’avoir jamais garanti la pérennité de l’usine, contrairement à ce qu’affirment les demandeurs.
En matière de reclassement, Continental martèle n’avoir jamais promis un emploi pour 80 % de l’effectif avec 80 % du salaire, comme l’affirment les syndicats. En revanche, la direction de Continental souligne qu’elle s’est bien "engagée" à fournir à chaque salarié actif deux "offres valables d’emploi" (en fonction de la distance, du salaire, de la compétence) ou une "solution identifiée" qui peut être une formation longue ou qualifiée et diplômante ou une reprise/création d’entreprise. Continental met enfin l’accent par ailleurs sur "l’ampleur exceptionnelle" du plan d’accompagnement social qu’il a mis en œuvre à Clairoix. Il rappelle qu’au cours de leur "congé de mobilité" de 24 mois (janvier 2010-décembre 2011), les salariés ont touché 65 % de leur salaire brut antérieur. Le PSE de Continental Clairoix représente environ 200 000 euros par salarié à la charge de Continental.

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