Atos rachète la division SSII de Siemens
Publié lepar Marilyn Gerlach et Benoît Van Overstraeten
FRANCFORT/PARIS (Reuters) - Atos Origin va racheter la division services informatiques de Siemens pour 850 millions d'euros, ont annoncé mardi les deux groupes, une transaction qui mettra la société française au niveau de son concurrent Capgemini en termes de chiffre d'affaires.
Le conglomérat industriel allemand, qui cherchait depuis longtemps à se défaire de sa filiale déficitaire, prendra 15% du capital d'Atos Origin dans le cadre de la transaction, devenant ainsi le deuxième actionnaire du groupe, derrière PAI Partners (25%).
"C'est une transaction majeure pour nous et pour le segment informatique européen. Et nous construisons un partenariat stratégique de long terme avec Siemens lui-même", a dit à Reuters Gilles Grapinet, directeur général adjoint d'Atos Origin, lors d'un entretien téléphonique.
Le chiffre d'affaires de la nouvelle entité représenterait quelque 8,7 milliards d'euros, un niveau à comparer aux 5,1 milliards de chiffre d'affaires enregistré par Atos Origin en 2009. Cette année-là, Capgemini, l'autre grand acteur français des services informatiques, avait fait état d'un chiffre d'affaires de 8,4 milliards d'euros.
Pour 2013, le chiffre d'affaires d'Atos-SIS est estimé entre neuf et 10 milliards d'euros et la rentabilité entre 7% à 8%.
"NOUS CRÉONS UN CHAMPION EUROPÉEN"
Dans le cadre de l'opération, Siemens recevra quelque 12,5 millions de nouvelles actions Atos Origin. Cet ensemble de titres, d'une valeur de 414 millions d'euros, représente 15% d'Atos, participation que le groupe allemand s'engage à conserver pendant cinq ans.
Siemens recevra également pour 250 millions d'euros d'obligations convertibles à cinq ans et un versement en numéraire de 186 millions d'euros. Siemens a également dit qu'il avait attribué à Atos Origin un contrat d'infogérance de quelque 5,5 milliards d'euros sur sept ans, selon lequel le groupe français sera chargé de la gestion de l'infrastructure informatique mondiale de Siemens.
"Nous créons un champion européen", a déclaré Peter Loescher, président du directoire de Siemens.
Dans un communiqué, le groupe allemand précise que la transaction aura un "significatif impact négatif sur les bénéfices" de l'exercice fiscal 2011.
La cession par Siemens de sa division Solutions and Services (SIS) à Atos se traduira par la suppression de 1.750 postes dans l'effectif mondial de SIS. Siemens s'est engagé à financer les coûts d'intégration du nouvel ensemble à hauteur de 250 millions d'euros.
En revanche, pour Atos Origin, l'opération devrait avoir un effet relutif à court terme sur le bénéfice par action. A l'issue de l'acquisition de SIS, le groupe français prévoit de ramener son endettement à néant d'ici fin 2012. D'ici 2013, Atos Origin table sur des synergies opérationnelles de 225 millions et sur un bénéfice par action en augmentation de 50% par rapport à 2011.
Gilles Grapinet, qui a précisé que les pourparlers entre les deux groupes avaient commencé peu avant l'été, a estimé que le rapprochement entre les deux groupes n'aurait qu'un impact très limité sur l'effectif d'Atos.
Avec SIS, Atos sera présent dans 42 pays avec un effectif mondial de 78.500 salariés. Le groupe français, citant des études de cabinets, dit qu'il sera désormais le numéro sept mondial des services informatiques et qu'il sera idéalement placé pour bénéficier du développement du "cloud computing", expression qui désigne des prestations informatiques dématérialisées.
L'opération devrait être finalisée début juillet 2011, après consultation du comité d'entreprise d'Atos Origin, approbation des autorités de la concurrence et l'aval des actionnaires du groupe français, qui seront réunis en assemblée générale extraordinaire vers la fin du mois de juin.
Edité par Henri-Pierre André
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