Atos Origin se rapproche de Siemens pour devenir la deuxième SSII européenne
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Le français Atos Origin rachète la branche intégration de Siemens, qui prend en contrepartie une participation de 15% dans son capital et devient son principal partenaire. L'objectif : se hisser en deuxième place sur le podium des grandes SSII européennes, juste derrière IBM.
Sorti fâché de son partenariat avec Areva, le conglomérat allemand Siemens dispose d'un nouvel allié de poids dans l'Hexagone. Et il tient à le faire savoir. « C'est un grand jour pour le partenariat industriel entre la France et l'Allemagne », a martelé ce matin Peter Löscher, PDG de Siemens, à l'occasion d'une conférence de presse organisée à Paris pour annoncer la vente au français Atos Origin de Siemens IT Solutions and Services (SIS), la division services du groupe, en butte à des difficultés financières. Thierry Breton, PDG d'Atos Origin, n'est pas moins enthousiaste. « C'est un jour important pour nos deux sociétés et pour les relations entre nos deux pays », a-t-il renchéri, répétant à plusieurs reprises que la transaction fera d'Atos Origin le premier concurrent d'IBM sur le Vieux continent.
Une SSII paneuropéenne, soutenue par Siemens
Le rachat, qui est en discussion depuis plus de six mois, n'est pas une « transaction ordinaire », selon l'ancien ministre de l'Economie et des Finances. La SSII ne déboursera « que » 850 millions d'euros pour le rachat de Siemens SIS (3,7 milliards d'euros de revenus en 2010, avec 28.000 employés, contre 4,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires un an plus tôt, avec 35 000 collaborateurs).
Mais Siemens devient en contrepartie l'un de ses principaux actionnaires : il obtiendra un siège au conseil d'administration d'Atos Origin et recevra une participation de 15% dans le groupe (participation qu'il s'est engagé à conserver sur une durée minimum de cinq ans). Et il devient l'un de ses principaux clients. Comme Siemens SIS, qui réalisait l'essentiel de ses revenus avec sa maison mère, Atos Origin compte sur le soutien de Siemens, qui lui a déjà accordé un contrat d'une valeur de 5,5 milliards sur sept ans pour l'infogérance de toute son infrastructure informatique.
Quelles « synergies » ?
À l'issue de l'opération, qui devrait être finalisée d'ici juillet 2010, Atos Origin (55.000 salariés actuellement) emploiera 78.500 collaborateurs, dont 62.000 ingénieurs, pour un chiffre d'affaires estimé à 8,7 milliards d'euros en 2010. Et la nouvelle structure espère bouleverser le jeu des grandes SSII européennes. Sur le marché de l'infogérance, tandis qu'Atos et SIS se situaient jusqu'ici respectivement en sixième et en huitième place au niveau européen, elle devrait prendre la deuxième place (avec un chiffre d'affaires estimé à 4,5 milliards d'euros en 2009). Elle talonnera ainsi IBM (4,5 milliards d'euros sur ce segment en 2009) et distancera HP-EDS (3,7 milliards), T-Systems (2,7 milliards), Capgemini (2,6 milliards) et Fujitsu (2,5 milliards). Au niveau mondial, elle se hissera aussi en cinquième position, derrière IBM, HP-EDS, Fujitsu et CSC.
Mais ce ne sera pas une « intégration facile », a reconnu Thierry Breton, qui compte s'appuyer sur le programme TOP précédemment mis en oeuvre au sein d'Atos pour faciliter le rapprochement. D'un point de vue géographique, les complémentarités existent, d'après ce responsable, qui souligne qu'Atos est très présent dans les pays d'Europe du sud et d'Europe de l'ouest, tandis que SIS « ciblait davahtage l'Europe du nord et l'Europe de l'est ».
À l'issue du rapprochement, Atos Origin sera scindé en deux grandes branches : Atos SBS (Specialized Business Services, qui intégrera Siemens SIS), et Atos ITS (IT Services). Et les deux partenaires entendent profiter de leurs atouts respectifs pour se renforcer sur plusieurs segments, comme l'infogérance et le « cloud computing ». Selon Peter Löscher, ils pourront travailler ensemble sur plusieurs marchés porteurs, tels les réseaux électriques intelligents (smart grids), les chemins de fer et la mobilité. Des secteurs pour lesquels ils investiront conjointement 100 millions d'euros sur trois ans dans des programmes de recherche et de développement.
Christophe Dutheil
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((photo))
Thierry Breton, PDG d'Atos Origin
DR

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