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Atmel remet en vente son usine nantaise

Le 19 mai 2005 par Emmanuel Grasland | L'Usine Nouvelle n° 2964

Le fabricant américain de puces va céder l'unité de fabrication de son site nantais, jugée vieillissante. Florissante, l'activité R & D sera, elle, conservée.

Virage à 180° pour Atmel. La semaine dernière, le fabricant de puces a annoncé aux élus locaux et aux représentants des salariés la mise en vente de l'unité de production de Nantes. L'établissement, qui emploie 600 personnes (350 en production et 250 en R & D), va être scindé en deux entités juridiques distinctes afin de faciliter la cession de l'activité de fabrication. Pour les salariés, cette décision marque un douloureux retour à la case départ. Elle intervient deux ans après que le groupe a annoncé la vente de cette unité, puis y a renoncé, faute d'avoir trouvé un repreneur. Entre-temps, Atmel avait envisagé, en janvier 2004, d'injecter 110 millions d'euros sur le site, selon les syndicats, dont 40 millions dans la partie production et 70 millions en R & D.

Un douloureux retour à la case départ

A l'époque, la mesure avait des allures de bouffée d'oxygène pour l'usine de Nantes. « Il n'y avait plus eu de véritables investissements sur le site depuis 1997 », affirme un représentant de la CGT. La modernisation de l'unité de fabrication devait alors se faire de pair avec un programme d'investissement de plusieurs centaines de millions d'euros, destiné au site de Rousset, dans les Bouches-du-Rhône. Las ! Ces mesures ne se sont jamais concrétisées et le site de Nantes est resté équipé d'une technologie de gravure vieillissante (0,5 microns), tandis que la production chutait fortement en l'espace d'un an, selon les syndicats. Grâce à la partie R & D, le site a néanmoins continué de dégager de solides bénéfices en 2004 (26 millions d'euros de résultat net pour un chiffre d'affaires de 125 millions). Le groupe a également gagné du temps. Et les élus locaux nantais de souligner que la décision d'Atmel intervient juste après la signature, en mars, d'un accord entre l'industriel, l'Etat et les collectivités territoriales, garantissant 93 millions d'euros de subventions au programme d'investissements du groupe à Rousset...

Pour beaucoup,l'histoire du site était néanmoins écrite depuis longtemps. Lors du rachat de l'usine en 1998, les salariés s'inquiétaient déjà de leur avenir, Atmel apparaissant plus intéressé par les capacités en R & D de l'établissement et ses certifications dans le domaine spatial et militaire que par son unité de production. L'histoire leur aura donné raison.

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