Alors que le tribunal de commerce de Rouen (Seine-Maritime) doit rendre sa décision sur la cession de la raffinerie de Petit-Couronne le 2 octobre, le ministre du Redressement productif juge que les deux offres de reprises progressent.
"Nous reviendrons boire du champagne ensemble", promet Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. Devant lui, les ouvriers de la raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime) se sont rassemblés autour de la petite tribune aux portes de l'usine. Alors que le tribunal de commerce de Rouen doit décider mardi 2 octobre du sort de la raffinerie, le ministre du Redressement productif est venu apporter, mercredi 26 septembre, son soutien aux salariés et assurer que "le gouvernement défend à tout prix le processus de reprise".
"Nous ne sommes pas sûr de réussir", reconnait pourtant le ministre, en précisant que si "la perspective est là, elle n'est pas faite". Deux offres ont été déposées devant le tribunal de commerce, l'une par le groupe hong-kongais Alafandi Petroleum Group, l'autre par NetOil basé à Dubaï. Mais des doutes subsistent sur la capacité financière des deux repreneurs, des acteurs d'envergure moyenne et peu connus sur le marché du raffinage.
"Pour faire une reprise, il faut la mobilisation des pouvoirs publics mais il faut des repreneurs qui soient sérieux et crédibles. C'est à eux de faire la démonstration de leur sérieux technique et financier", reconnait Guillaume Bachelay, le député PS de la circonscription.
"Les offres se sont améliorées"
Sur le fond, Arnaud Montebourg assure toutefois que "depuis quatre mois, on observe que les offres se sont améliorées" et que "le dossier progresse".
"Les compétences humaines qui se sont agrégées se sont améliorées. Il y a même un ancien de chez Total dans un des projets", détaille le ministre, soulignant aussi qu'"un certain nombre d'adossement sur des financiers non-européens sont désormais envisagés". Un contrat de façonnage est aussi en cours de négociation avec un trader du pétrole "qui a pignon sur rue", pour succéder à celui existant avec Shell.
Au passage, il tacle le groupe Total, qui avait émis des doutes en début de semaine sur la solidité financière des deux offres en affirmant "la France n'est pas dans la main des multinationales et le tribunal de commerce de Rouen est indépendant pour juger". Le porte-parole de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC, Yvon Scornet, se joignait à cette critique de l’opérateur pétrolier national : "Il diffuse l’idée d’un repreneurs de troisième zone. Mais cette société de troisième zone est peut-être en train de nous ramener un accord de processing avec une major du pétrole." A l'issue de la rencontre avec le ministre, les salariés ont déjà prévenus. "Mardi, nous n'accepterons pas d'autres décisions que la cession du site", jure Yvon Scornet.











