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L'Usine Matières premières

Armor lance un filament en plastique recyclé pour imprimantes 3D

Marine Protais , ,

Publié le

L’ETI nantaise Armor a fait son entrée sur le marché de la fabrication additive au salon 3D Print, qui se tient à Lyon du 4 au 5 octobre. Elle propose un filament recyclé et recyclable.

Armor lance un filament en plastique recyclé pour imprimantes 3D © Armor

L’impression 3D plastique permet aux industriels de libérer leur créativité, et de prototyper plus et plus vite. Mais que faire des tonnes de matières générées par cette activité ? Le groupe nantais Armor en a fait un business. Ce spécialiste des cartouches laser a lancé, lors du salon 3D Print à Lyon du 4 au 5 octobre, un filament pour fabrication additive en plastique recyclé sous sa marque Owa. Il est compatible avec les imprimantes utilisant la technologie FDM (dépôt de matière fondue).

Les filaments d’Armor sont en polystyrène choc (PS). Un matériau jamais utilisé jusqu’ici pour la fabrication additive. "Les filaments sont généralement en acide polylactique (PLA) ou en acrylonitrile butadiène styrène (ABS). Le PS a l’avantage d’être facile à utiliser, recyclable et biodégradable comme le PLA et rigide comme l’ABS. En plus, il résiste bien aux hautes températures", avance Pierre-Antoine Pluvinage, directeur développement de la marque Owa 3D. Le PS utilisé par Armor provient majoritairement de ses cartouches d’encre usagées qu’ils collectent chez ses clients, mais aussi de pots de yaourt qu’ils récupèrent chez des fabricants. L’entreprise prévoit également de recycler les chutes de filaments, les bobines vides et les vieux prototypes. Son offre inclut un service gratuit de collecte des déchets.

Habitué de l'économie circulaire

L’ETI de 1 800 salariés n’est pas novice en matière d’économie circulaire. Elle commercialise depuis un an des cartouches d’encre en plastique recyclé sous sa marque Owa. L’entreprise dispose d’un réseau de collecte chez les industriels déjà bien établi. Le plastique est ensuite recyclé chez son sous-traitant PPO à Nantes.

Plusieurs fabricants de machines utilisent déjà les filaments d'Armor : le français Volumic 3D et la start-up Dagoma par exemple. "C’est assez logique que l’impression 3D s’intéresse à l’économie circulaire. Il s’agit d’une technique dont l’un des intérêts est d’utiliser moins de matière", commente Pierre-Antoine Pluvinage. Armor espère dégager de cette nouvelle activité 10 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à cinq ans.

D’autres acteurs de l’impression 3D se sont déjà intéressés à des matériaux plus écologiques. Notamment l’entreprise bretonne Nanovia qui commercialise des filaments à base d’huitre et d’huile de lin. Armor réfléchit lui aussi aux plastiques biosourcés. Il devrait lancer un filament aux "propriétés particulières" à Noël.

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