Arkema Saint-Auban cherche un partenaire
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La liquidation du projet Silicium de Provence, annoncée à l’été 2009, a fragilisé l'usine Arkema de Château-Arnoux-Saint-Auban, en Haute-Provence, et, avec elle, l’économie de tout un bassin. L'unité se redimensionne en attendant qu’un industriel s'intéresse à la plate-forme laissée vacante.
Tous espéraient beaucoup de l’arrivée de Silicium de Provence (Silpro). Trop, sûrement. En 2008, le montant de l’investissement envisagé a grimpé de 250 millions d’euros à 400 millions, puis à 700 millions ! L’usine de fabrication de panneaux photovoltaïques devait prendre place à côté de l’usine chimique d’Arkema Saint-Auban et récupérer une centaine de ses salariés. Mais, en 2009, lemontage s’effondre. Silpro est liquidé durant l’été.
Chute de la production
En 2009, en raison de la crise, l’usine d’Arkema Saint-Auban a produit 10 000 tonnes (contre 21 000 tonnes attendues) du solvant chloré T111 et 41 000 tonnes (au lieu des 70 000 tonnes espérées) de PVC Pâtes, utilisé pour la fabrication de revêtements de sols et murs, jouets, ballons. L’unité traite également des résidus chlorés par incinération.Plus de 50 millions d'euros ont été investis sur le site depuis 2005.
La plate-forme Silpro s’étend sur 10 hectares et peut accueillir un industriel ayant une activité classée Seveso 2 seuil haut.
Arkema envisage de partager certaines infrastructures : stations de traitement des effluents, alimentation électrique, centrale de production et distribution de vapeur, incinération d’organiques chlorés liquides ou gazeux, réseaux…
Du « fabuleux » projet, il ne reste qu’une plate-forme aménagée pour 80 millions d’euros, apte à recevoir une activité industrielle classée Seveso. « Un site exceptionnel, a jugé Christian Estrosi, le ministre de l’Industrie, en décembre. Je me battrai pour trouver un investisseur. » Malgré près d’une vingtaine d’industriels prospectés dans le monde, l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii) n’a encore trouvé personne.
Le président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco, et le maire de Saint-Auban, Patrick Martellini, miseraient bien encore sur le silicium photovoltaïque pour initier une filière solaire dans le Val de Durance. Mais pour Michel Delaborde, le directeur général d’Arkema, « d’autres activités industrielles pourraient très bien s’y déployer ».
58 départs programmés
En attendant, l’usine se réorganise. Arrêté, l’atelier de PVC copolymères est mis en sécurité. Côté social, 58 départs sont programmés et, sur les 15 mutations prévues, 10 ont déjà été finalisées. Parmi les 17 reclassements prévus hors du groupe (embauches dans d’autres sociétés, créations d’entreprises, formations...), une demi-douzaine sont encore à l’étude. Reste 26 partants, concernés par le décret amiante, qui quitteront l’usine progressivement jusqu’en 2012. A cette date, Arkema Saint-Auban ne comptera plus que 280 salariés. Après une année 2009 qui a vu sa production chuter, Arkema note une légère reprise sur le premier trimestre. Mais il est encore trop tôt pour programmer l’investissement de 15 millions d’euros, promis par Michel Delaborde à Christian Estrosi, pour augmenter la capacité de l’atelier PVC Pâtes.
De notre correspondant, Jean-Christophe Barla
3 questions à Dominique Vellar, directeur d'Arkema Saint-Auban
Quel type
d'industriel
pourrait
s'installer sur
la plate-forme
délaissée par
Silpro ?
Un site Seveso seuil haut, bien
accepté par son environnement,
est un atout. Une activité qui
trouverait des complémentarités
avec la nôtre, voire connectée à
nos installations, est envisageable.
Tout comme une usine
indépendante. Dans tous les cas,
elle bénéficierait de l’expérience
et du savoir-faire locaux en
gestion des risques de la chimie.
Le site Arkema a-t-il
encore un avenir ?
Je comprends que les résultats de
l’usine en 2009, altérés par les
conditions du marché, suscitent
l’inquiétude. Si ces conditions
s’améliorent, nous sommes aptes
à répondre à la demande de nos
clients.
Quand l'investissement
annoncé pour l’activité PVC
Pâtes se concrétisera-t-il ?
Pour retrouver notre niveau de
production de 2008, il faudra au
moins patienter jusqu’en 2012.
Toutes les études sont prêtes pour
vite investir si la reprise s’effectue
plus tôt que prévu.

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