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Arkema : le repreneur confiant, les syndicats inquiets

Par Olivier James - Publié le
Arkema
© Arkema

Alors que le premier chimiste français vient d’annoncer la cession de son pôle vinylique, les salariés concernés sont inquiets sur le devenir des emplois. Le repreneur Gary Klesch se veut rassurant.

Les marchés s’envolent, les salariés s’effondrent. L’annonce effectuée mercredi 23 novembre par le groupe Arkema de la cession de ses activités vinyliques a provoqué un bond spectaculaire de son cours de bourse et un abattement du côté des syndicats. Dans tous les cas, ce désinvestissement, qui marque l’ancrage plein et entier du premier chimiste français (au chiffre d’affaires de 6,5 milliards d’euros) dans la chimie de spécialités, ne laisse pas indifférent.

En France, ce sont 1780 emplois répartis sur dix sites qui sont concernés. Peu après l’annonce, les grèves n’ont pas tardé dans certains sites du groupe. Des salariés se sont mis en grève à Fos-sur-Mer et Lavera (Bouches-du-Rhône), Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) et Saint-Fons (Rhône). Les syndicats s’inquiètent de l’absence d’information du repreneur en matière d’investissement. Des inquiétudes d’autant plus vives que de nombreuses restructurations ont été annoncées ces dernières semaines en France dans les secteurs bancaires et automobiles notamment.

Sur ce point, les deux dirigeants se sont voulus rassurants. "Il n’y aura pas de suppressions d’emplois, a assuré Thierry Le Hénaff, PDG d’Arkema. Les salariés conserveront tous les éléments de leur contrat de travail." Même propos apaisant du côté du repreneur. "En matière d’emplois, nous avons donné l’assurance de ne procéder à aucun licenciement", a répété A. Gary Klesch pour L’Usine Nouvelle.

Réussir là où Arkema a échoué

La question est donc sur toutes les lèvres : comment A. Gary Klesch parviendra-t-il à rentabiliser cette activité de commodités alors qu’Arkema n’y est pas parvenu six années durant ? La production amont (chlore, soude et PVC) et aval (profilés et compounds en particulier pour le bâtiment) est très sensible aux cycles économiques. "L’excédent brut d’exploitation était à l’équilibre sur les neuf premiers mois de l’année et devrait être négatif sur les trois derniers mois", a d’ailleurs précisé Thierry Le Hénaff.

Comment le groupe Klesch, dont le chiffre d’affaires s’élève à 6 milliards de dollars, compte-t-il réussir là où Arkema a échoué ? Ce groupe basé à Genève, qui travaille déjà dans le raffinage et l’aluminium, est pour le moins attendu au tournant… "Nous travaillons déjà avec les commodités et nous savons comment les vendre, explique A. Gary Klesch. De plus, notre expertise dans l’électrolyse, utilisée dans l’aluminium et la production de chlore, va nous permettre d’améliorer l’efficacité du process."

Et le patron du groupe Klesch est convaincu du maintien des activités de commodités sur le sol européen, alors que les produits à haute valeur ajoutée sont souvent dressés comme le rempart à la délocalisation. "En ce moment, tout le monde parle de l’Asie et de la Chine. C’est vrai qu’il y a du business à faire là-bas. Mais en Europe aussi ! Avec plus de 400 millions d’habitants qui achètent du plastique et qui ont besoin de faire rouler leurs voitures, on sait que l’on peut faire de l’argent sur le sol européen."

Quant à la France, A. Gary Klesch n’est pas moins confiant. "Je suis convaincu que le business est propice en France. Notre industrie consomme par exemple beaucoup d’électricité et son prix est très attractif en France et il le restera encore longtemps !". La sortie envisagée du nucléaire ne semble pas le moins du monde l’inquiéter. Mais ses propos parviendront-ils vraiment à rassurer les salariés d’Arkema ?

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