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L'Usine Aéro

Ariane 6 parée au décollage industriel

Hassan Meddah , ,

Publié le

Alors qu’Arianespace commence à faire ses premières offres commerciales pour le lanceur européen, les usines d’Airbus Safran Launchers s’attaquent à la production des premières pièces d’Ariane 6. A Vernon, les moteurs de fusées seront produits à la chaine.  

Ariane 6 parée au décollage industriel © Airbus Safran Launchers

Pour faire décoller Ariane 6 en 2020, il faut commencer à la produire dès aujourd’hui. "L’enjeu de 2017, c’est le démarrage de la production. On va monter en puissance cette année", confirme Alain Charmeau président exécutif d’Airbus Safran Launchers. A l'occasion de ses voeux à la presse lundi 23 janvier, le dirigeant a détaillé le plan de production d'Ariane 6.

ASL a commencé l’an dernier la production des toutes premières pièces pour les essais de qualification au sol du lanceur. Cette année, il franchit une étape supplémentaire : lancer la production des premiers lanceurs amenés à voler. "Nous devons produire les premières pièces en 2018, intégrer le lanceur en 2019 pour un premier tir en 2020" explique le dirigeant. Au total, le programme Ariane 6 prévoit 1 milliard d’euros d’investissements industriels.

des moteurs de fusée produits à la chaîne

Pour diviser les coûts de production par deux, l’industriel a innové dans ses processus de production. Parmi les innovations les plus spectaculaires : la production à la chaîne des moteurs de fusées comme sont déjà produits les moteurs des avions civils. L’usine de Vernon (Eure) a mis en place une nouvelle organisation basée sur un bras robot géant capable de positionner le moteur à la bonne hauteur pour les opérateurs et le transporter de station d’assemblage en station d’assemblage.

"Cette nouvelle chaîne de fabrication a été conçue en utilisant les connaissances de nos deux grands groupes en matière de chaîne de production aéronautique. Elle facilitera le travail des opérateurs et réduira la non-qualité", explique Alain Charmeau. Au Haillan près de Bordeaux, l’organisation de l’atelier qui fabrique les tuyères des boosters P120 a été complètement repensée avec une philosophie similaire.

D’autres avancées significatives ont déjà été réalisées. Les équipes d’Ottobrunn, près de Munich ont réalisé la première chambre de combustion du moteur Vulcain 2.1; celles du Haillan ont produit le divergent du moteur Vinci et des éléments des boosters P120 en matériaux composites. Les essais sur le moteur réallumables vont bon train. "Nous venons de livrer le 6ème exemplaire très proche de la configuration définitive", explique Alain Charmeau.

1 milliard d'investissements industriels

Des bâtiments majeurs sont en cours de construction. Comme à Brême où sera réalisée l’intégration de l’étage supérieur d’Ariane 6 ou encore aux Mureaux (Yvelines) pour l’étage principal. Vernon sera bientôt équipé d’un nouveau banc d’essai moteur pour l’industrialisation du moteur Vinci. A Kourou en Guyane, ont démarré les travaux d’une extension des bâtiments pour la fabrication des chargements des boosters P120.

L’innovation réside également dans les procédés industriels. ASL compte utiliser la fabrication par impression 3D, notamment pour fabriquer des pièces à la géométrie complexe : turbine, générateur de gaz, carter… L’intérêt est double : produire des pièces à la géométrie complexe en évitant de multiples assemblages et économiser une matière première couteuse comme le titane. "Certaines pièces sont réalisées sans perdre un gramme de matière contrairement à l’usinage traditionnel" explique l’industriel. Une première pièce fabriquée de cette manière pour le moteur Vulcain a déjà volé sur Ariane 5. Au total 13 pays européens sont mobilisés par le défi industriel d’Ariane 6.

 

Une préférence européenne pour Ariane 6
Arianespace et Airbus Safran Launchers militent pour que le lanceur européen bénéficie d’un soutien plus fort de la part de l’Union européenne et de l’agence spatiale européenne. Selon l’opérateur commercial et le maître d’œuvre industriel d’Ariane 6, toutes les puissances spatiales favorisent leurs lanceurs nationaux…excepté l’Europe. Ainsi, les lanceurs européens n’ont que 27% de leur activité garantie par des lancements institutionnels contre 100% pour la Chine, 76% pour la Russie, 65% pour les Etats-Unis. La majorité des contrats remportés par Arianespace sont des contrats soumis à une forte concurrence contrairement à la plupart de ses compétiteurs directs. Pour bénéficier d’une visibilité industrielle, ASL souhaiterait bénéficier d’une commande de 5 Ariane 6 et de deux Vega par an sur les cinq premières années d’exploitation des nouveaux lanceurs européens.

 

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