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Le monde selon Fukushima

Areva veut toujours vendre dix EPR d'ici à 2016

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EPR finlandais
© Areva

Porté par une remise à flot des comptes du groupe, le patron d’Areva réaffirme sa volonté de vendre dix EPR dans les trois ans à venir, convaincu que le marché des nouvelles constructions est porteur.

A l’occasion de la présentation de résultats 2012 en nette amélioration après une année 2011 catastrophique, le président du directoire d’Areva, Luc Oursel, a réaffirmé l’objectif de vendre dix réacteurs de troisième génération EPR d’ici à 2016. Un objectif qu’il s’était fixé fin 2011 alors qu’il lançait un grand plan d’économies. Le groupe n’a pourtant vendu aucun EPR depuis 2007 et vient de subir deux revers. Coup sur coup, le français a été définitivement exclu d’un appel d’offres en République tchèque et l’électricien finlandais Fennovoima a décidé d’entrer en négociation exclusive avec le japonais Toshiba. "Je reste convaincu que le marché des nouvelles constructions va croître. Nos estimations indiquent une croissance de 50% d’ici à 2030-2035", explique Luc Oursel.

Le dirigeant précise que son groupe n’a pas vocation à remporter tous les appels d’offres, en particulier face à la concurrence "vigoureuse" et "agressive" des Russes et des Japonais. "Mais il y a la place pour maintenir l’objectif de vendre 10 EPR d’ici à 2016". Seule nuance, le patron d’Areva explique que les projets pourraient être plus longs et en étapes. Au lieu d’une vente directe, les contrats pourraient se passer en deux temps en commençant par une phase d’ingénierie.

Un gain de 15% sur le prix de l'EPR entre 2008 et 2012

Pour appuyer ses ambitions, Luc Oursel n’hésite pas à égrener les appels d’offres en cours et à venir où l’EPR a une carte à jouer : Etats-Unis, Argentine, Finlande, Pologne, Royaume-Uni, Arabie Saoudite, Afrique du Sud, Inde et Chine. En plus, Areva compte aussi les pays qui sont intéressés par son petit réacteur de 1000 MW, l’Atméa : Argentine, Turquie, Jordanie et Vietnam.

Luc Oursel ne doute pas de la compétitivité de son EPR malgré les dépassements de coûts et de calendriers observés sur les chantiers européens en France et en Finlande. Il avance, avant tout, un gain de 15 % sur le prix de l’EPR dans les offres standards entre 2008 et 2012. Cette baisse de prix est le fruit du retour d’expérience tiré des quatre têtes de série en cours de construction. Il rappelle par ailleurs que le réacteur affiche de faibles coûts d’exploitation et de maintenance. Enfin, Areva juge que la possibilité de s’appuyer sur l’expertise du premier exploitant nucléaire au monde, EDF, est un avantage majeur. Reste donc trois ans à Areva pour traduire ces atouts en contrats et en euros. Première échéance, la décision imminente d’investissement pour construire deux EPR en Grande-Bretagne à Hinkley Point.

Ludovic Dupin

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