Areva, une entreprise modelée par Atomic Anne
Par Morgane Remy - Publié le
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L’électronucléaire pèserait 410 000 emplois en France Areva : politiques et élus du personnel soutiennent la candidature d’Anne Lauvergeon Luc Oursel remplace Anne Lauvergeon à la tête d’Areva Areva : "Le nucléaire français perd une grande dirigeante"Anne Lauvergeon est restée dix ans à la tête d’Areva, une place qui a fait d'elle la seule femme patronne des grandes entreprises françaises. Aujourd’hui, la candidate à un troisième mandat a été évincée au profit du numéro 2 du groupe Luc Oursel. L’Usine Nouvelle revient sur l'empreinte laissée par cette dirigeante sur l’identité d’un fleuron de l'industrie française.
1999-2001. La naissance d’un grand groupe
Areva n’a jamais connu qu’une dirigeante : Anne Lauvergeon. Elle a cumulé deux mandats de cinq ans à la tête du géant de l’atome. Mais avant de devenir ce géant, Areva était avant tout un conglomérat d’entreprises qui ont fusionné pour créer un groupe capable de devenir un fleuron de l’industrie française. Cette fusion est le premier fait d’arme d’Atomic Anne. Arrivée en 1999 à la tête de la Cogema, une entreprise d’exploitation de l’uranium, elle sait, grâce à son réseau, qu’Alcatel souhaitait se départir de ses parts du fabricant de réacteurs nucléaires (44% des actions). Elle fait alors le pari d’un groupe industriel spécialisé dans le nucléaire et présent à toutes les échelles de la production (de la mine au retraitement en passant par la construction des centrales). Pour réussir ce rapprochement, elle surmonte de nombreuses réticences, notamment de son ministre de tutelle Christian Pierret, alors à l’Industrie. Anne Lauvergeon gagne la bataille grâce à ses soutiens politiques et dans le corps des Mines. Cogema avale Fromatome, intègre d’autres sociétés et devient en 2001 une nouvelle entité baptisée "Areva" par celle qui en deviendra la patronne.
2003-2010. Recentrage sur son cœur d’activité
Areva, composée d’entreprises aux ADN différents, a en 2003 encore plusieurs spécialisations comme sa filière dans la connectique. Mais son cœur de métier reste le nucléaire qui croît fortement. Il représente la majorité du chiffre d’affaires du groupe et lui permet de renouer avec les bénéfices pour la première fois après la fusion de 2001. En 2006, Bercy pousse Areva à se concentrer sur ce qu’elle sait faire de mieux afin de préparer à une privatisation à l’horizon 2011. Anne Lauvergeon spécialise complètement Areva dans l’atome et renonce à l’idée de diversification, notamment dans les industries minières autres que l’uranium. Si ce choix fut impulsé par Bercy, Anne Lauvergeon profite de ce recentrage. Elle opère une montée en gamme et devenir incontournable avant la date de privatisation du groupe. Ce choix du haut de gamme lui a été reproché en 2009. Ce positionnement fait échouer Areva à Abou Dhabi alors que les Emirats arabes avaient lancé un appel d’offre pour quatre centrales nucléaires. Le prix des centrales a disqualifié le quatuor français (Areva, GDF Suez, EDF et Total) au profit du consortium coréen KepCo. A cet échec s’ajoutent des retards à répétition sur le chantier du réacteur EPR commandé l’électricien finlandais TVO.
2011. Une multinationale leader de l’atome
Rebondissement de taille ou une patronne qui a pressenti la tendance ? La montée en gamme d’Areva semble soudain prendre tout son sens après la crise de Fukushima. Chers mais très sûrs, Anne Lauvergeon profite de l'occasion pour défendre son choix. Quatre EPR sont actuellement en construction : deux en Chine, un en Finlande et un en France créant à chaque fois des milliers d’emplois, selon une enquête dirigée par PwC. Cette présence mondiale est en grande partie due aux réseaux développés par cette patronne sacrée par le magazine américain Forbes comme l’une des femmes les plus puissantes de la planète. La société développe aussi des réacteurs de moyenne puissance de 1000 MW, grâce à une collaboration avec Mitsubishi Heavy industrie (MHI). Ils travaillent ensemble par le biais d’une coentreprise : ATMEA. Résultat, en 2010, 95 % des électriciens nucléaires se comptaient parmi les clients d’Areva.
1 réaction
Ethan | 17/06/2011 - 12H05
L'un des rares patrons en France à défendre et à croire en l'industrie française... Une patronne dont l'immense majorité des employés - de l'ouvrier aux "executives" - louaient les compétences et le charisme... Sacrifiée pour satisfaire l'égo d'un Président qui se sent le besoin de marquer son autorité pour regagner en crédibilité, au détriment du bon sens.

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