EXCLUSIF Selon nos informations, les deux groupes français seraient en discussions avancées avec le gouvernement pour reprendre la branche Transmission et Distribution d'électricité d'Areva.
L'annonce devrait être faite d'ici à la fin du mois. Selon nos informations, les français Alstom et Schneider Electric se partageraient la filiale Transmission et Distribution d'Areva, au nez et à la barbe des autres prétendants internationaux. La vente aux deux groupes s'élèverait à 3 milliards d'euros, une somme loin des 5 milliards un temps évoqué... Rappelons que le gouvernement impose cette cession au groupe dirigé par Anne Lauvergeon pour financer ses lourds investissements à venir dans le nucléaire.
Areva T&D est le maillon essentiel entre la génération d'énergie et la basse tension, un métier qui consiste à convertir et à transporter l'électricité, à l'aide de transformateurs haute tension, pour la distribuer en moyenne et basse tensions aux utilisateurs finaux. Dans ce domaine, le groupe propose une gamme complète de produits, systèmes et services dans la basse tension (1 à 50 kV), la moyenne tension (52 à 132 kV), la haute tension (132 à 500 kV) et l'extra haute tension (500 à 1 200 kV). Ainsi, ces deux derniers domaines reviendraient notamment à Alstom, qui consolide sérieusement sa position dans la haute tension. A l'inverse, il ne parvient pas à récupérer l'ensemble de la chaîne de la transmission. Pour Schneider Electric, l'opération aboutit au même dans la basse et la moyenne tension. Mais cela l'amènerait à revoir l'ensemble de son organisation industrielle, le groupe ayant déjà annoncé un plan d'économies de 1,6 milliard d'euros d'ici à 2011.
Areva T&D est présent dans trois secteurs d'activité. Les deux premiers, traditionnels, sont la transmission (38 % des ventes) et la distribution (30 %). Mais sous la coupe d'Areva, T&D s'est aussi massivement développé dans les industries électro-intensives (transport ferroviaire, raffinage, mines ou sidérurgie...). Ces trois secteurs représentent un marché de 60 milliards d'euros en 2008, porté à la fois par les nouvelles infrastructures des pays émergents et les besoins de renouvellement en Europe et en Amérique du Nord.
Le groupe a récemment annoncé une croissance de son chiffre d'affaires de 18 % cette année, à près de 6 milliards d'euros, contre 5,08 milliards en 2008 et 3,72 milliards d'euros en 2006. Il compte 68 sites industriels dans le monde, une présence commerciale dans 100 pays et 31 000 salariés, dont 5 500 en France répartis dans 8 sites.
Par ailleurs, Areva, coupé de 38 % de son chiffre d'affaires et de 48 % de son résultat opérationnel (sans T&D, lire L'Usine Nouvelle N°3147 du 14/05/2009), pourrait assurer ses lourds investissements à venir, et notamment le rachat des parts de Siemens dans Areva NP. Au-delà, le groupe réfléchit lui aussi à une nouvelle organisation de ses activités.
Pour l'instant, tous ces groupes rappellent qu'Areva T&D n'est pas officiellement en vente.


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