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Areva resserre son état-major

Le 28 janvier 2010 par Ana Lutzky
Areva nucleaire reacteur
© DR

Les dirigeants d’Areva restent groupés. Objectif du géant de l’atome : affûter ses armes commerciales en pleine renaissance du nucléaire, accompagner l’essor des énergies renouvelables, et conserver son positionnement sur fond de refonte de la filière en France.

La pointe de la pyramide des dirigeants d’Areva s’affine : le comité exécutif s’allège, et les diverses activités passeront de 20 à 6 patrons. Deux patrons transversaux viennent par ailleurs s’ajouter au nouveau tableau hiérarchique.

Comité Exécutif (Excom)

Il définit les objectifs du groupe et en assure la gestion opérationnelle. Il valide tout dossier impliquant un engagement financier significatif, ou ayant une dimension stratégique ou commerciale forte.
6 business groups. Auparavant, chacun des 4 pôles (Amont, Aval, Réacteurs et services, Transmission et distribution) regroupant les 20 business units d’Areva (Mines, Chimie, Enrichissement, Combustible pour l'Amont par exemple) n’avaient pas de patron. Désormais, les 6 business groups chapeautant ces business units en auront. De manière significative, les deux business units qui acquièrent de l’ampleur et sont transformées en business group sont celle liée aux énergies renouvelables et celle liée aux mines d’uranium. Deux activités stratégiques, compte tenu de la croissance verte à l'échelle de la planète et des objectifs du Grenelle d'une part, et de l’importance de la sécurisation de l’approvisionnement en matière première d'autre part. L’un des 6 business group est néanmoins appelé à rapidement disparaître : il s’agit de l’activité transmission et distribution, cédée au tandem Alstom et Schneider.

Direction Ingénierie et Projets. Auparavant dispatchés dans la vingtaine de business units du groupe, les 7.000 ingénieurs des activités nucléaires seront regroupés. Chaque business unit pourra venir y chercher des compétences d’études de conception, de gestion de projet, d’inspection, et de construction/mise en service. Basés pour la plupart dans la tour Areva de la Défense à Paris, les ingénieurs peuvent être rattachés à un projet particulier : récemment, la nouvelle usine d’enrichissement George Besse II au Tricastin, ou des études sur la Grande-Bretagne par exemple. Le directeur sera Olivier Wantz, ex-directeur financier d’Areva NP.

Direction international et marketing. Le groupe renforce également sa force commerciale, afin de mieux piloter son offre sur le marché des grands projets. Pour optimiser l’activité intégrée, l’équipe du marketing et des ventes sera désormais en mesure de proposer un package : un électricien n’aura plus besoin de rencontrer l’interlocuteur du combustible, celui de l’enrichissement et celui de retraitement pour évaluer leurs différentes offres, mais discutera avec un interlocuteur unique. Cette dimension avait d'ailleurs manqué lors de l'appel d'offres pour les futurs réacteurs d'Abu Dhabi, remporté par le coréen Kepco. Le directeur sera Dominique Mockly.

Nouvelle organisation :

 

Ancienne organisation (cliquer sur le lien pour voir l'organigramme)

Cette réorganisation intervient alors qu’Areva a confirmé être proche d’un accord stratégique avec GDF Suez. En parallèle, François Roussely, l’ancien patron d’EDF, a été chargé par le gouvernement de rendre un rapport sur l'avenir de la filière nucléaire en avril. Henri Proglio, l’actuel patron d’EDF, a son oreille, et souhaite faire de son entreprise le chef de file incontesté du secteur, replaçant Areva au rang de  simple fournisseur.

La CGT s'oppose au rapprochement Areva-GDF Suez

« Un non sens industriel et économique ». C’est ce que la FNME-CGT estime que serait un accord sur « un partenariat renforcé dans la construction et l’exploitation des réacteurs nucléaires en France » entre Areva et GDF Suez. Un tel accord continuerait à alimenter la guerre économique et technologique que se livrent les principaux acteurs du domaine et, de fait, contribuerait à affaiblir toute la filière, considère le syndicat. « Areva a des compétences uniques sur le cycle du combustible et l’îlot nucléaire, de même EDF comme architecte et exploitant de la centrale », souligne le syndicat dans un communiqué : chacun à sa place. « A l’opposé, la FNME-CGT réitère sa proposition d’un Pôle public de l’énergie français et d’une agence européenne de l’énergie pour optimiser les choix énergétiques. Ce sont les positions que nous développerons lors de notre audition pour la mission confiée à F. Roussely » conclut le syndicat, très écouté par le gouvernement.

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